1 300 ans de prison pour les gangs au Salvador, en Haïti les criminels infiltrent la justice et organisent l’impunité
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Au Salvador, la justice a une nouvelle fois frappé avec fermeté contre le crime organisé. Selon le parquet, un chef de gang, classé comme « terroriste » par les États-Unis, a été condamné à 1 335 ans de prison, tandis que dix autres membres de la même organisation ont écopé de peines allant de 463 à 958 ans de réclusion. Ces condamnations spectaculaires, rapportées notamment par BFM TV, s’inscrivent dans la politique de répression assumée et systématique menée par les autorités salvadoriennes contre les gangs.
Ces décisions judiciaires traduisent une volonté étatique claire : démanteler les structures criminelles et rétablir l’autorité de l’État. Au Salvador, la justice agit de concert avec le pouvoir exécutif pour éradiquer les gangs, dans une stratégie nationale qui place la sécurité publique au-dessus de toute considération politique ou partisane.
Le contraste avec la situation haïtienne est brutal. En Haïti, les gangs armés contrôlent des territoires entiers, imposent leur loi à la population et paralysent l’État, sans être inquiétés par des condamnations judiciaires majeures. L’impunité est devenue la norme, alimentée par l’effondrement du système judiciaire et l’absence de sanctions exemplaires contre les chefs criminels.
Cette différence s’explique par la nature même de la gouvernance. Là où le Salvador est dirigé par un pouvoir déterminé, centralisé et non corrompu dans sa lutte contre le crime, Haïti demeure prisonnière d’un leadership faible, complaisant et compromis, incapable ou non désireux d’affronter les gangs qui terrorisent la population.
En Haïti, la transition politique actuelle, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de Laurent St-Cyr, a contribué au renforcement des gangs armés. Le refus de recourir à des moyens technologiques efficaces, notamment les drones kamikazes qui avaient commencé à affaiblir les groupes criminels, a permis à ces derniers de se réorganiser et d’étendre leur puissance, puisque, selon des sources, Alix Didier Fils-Aimé les protège contre cet usage. Cette protection de fait accordée aux chefs de gangs a aggravé l’insécurité et prolongé la souffrance des citoyens.
La comparaison entre le Salvador et Haïti met en évidence une vérité fondamentale : seule l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant intègre, non corrompu et déterminé à faire respecter la loi sans compromis peut changer les conditions de vie du peuple haïtien. Sans une justice forte et indépendante, Haïti restera enfermée dans le cycle de la violence, de l’impunité et de la misère.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
