173 Haïtiens rapatriés en moins de 24 heures, l’urgence d’une réponse durable
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Les expulsions de migrants haïtiens se sont accélérées ce jeudi 5 février 2026, ravivant les inquiétudes autour de la situation des ressortissants haïtiens à l’étranger. Selon les informations rapportées par des médias locaux, les autorités américaines de l’immigration ont procédé au rapatriement de 132 Haïtiens à l’aéroport international du Cap-Haïtien, dans le Nord du pays. Cette opération s’inscrit dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de contrôles accrus visant les migrants en situation irrégulière.

Une photo montrant des ressortissants haïtiens rapatriés circule sur les réseaux sociaux.
À leur arrivée, plusieurs rapatriés ont témoigné des conditions difficiles de leur arrestation et de leur détention aux États-Unis. Stress psychologique, incertitude quant à leur avenir et séparation brutale d’avec leurs proches figurent parmi les récits recueillis. Ces témoignages mettent en lumière la vulnérabilité persistante de nombreux Haïtiens contraints de migrer pour fuir l’insécurité et la précarité économique.
Le même jour, 41 autres ressortissants haïtiens ont été déportés depuis les Bahamas, portant à 173 le nombre total de rapatriements forcés en moins de vingt-quatre heures. Cette simultanéité des expulsions souligne l’ampleur du phénomène migratoire haïtien dans la région et la pression croissante exercée sur les communautés de la diaspora, confrontées à des politiques migratoires de plus en plus restrictives.
Sur le sol haïtien, les services migratoires ont assuré une assistance minimale aux rapatriés afin de faciliter leur retour vers leurs localités d’origine. Toutefois, au-delà de l’accueil immédiat, la situation relance un débat de fond sur l’absence de politiques publiques structurées en matière de réinsertion, d’accompagnement social et de protection des migrants de retour. Sans réponses durables de l’État, ces rapatriements risquent de se transformer en crises humaines silencieuses, dans un pays déjà fragilisé.
Gerlanda F.
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
