Amnesty International interpelle Luis Abinader sur les expulsions d’Haïtiens
2 min read
Amnesty International a vivement critiqué la politique migratoire de la République dominicaine, dans un communiqué publié ce vendredi. L’organisation de défense des droits humains accuse le président Luis Abinader de vouloir échapper à toute remise en question, alors que les expulsions massives de migrants haïtiens se poursuivent à un rythme alarmant. Selon Amnesty, ces mesures sont « racistes et contraires aux droits humains », et doivent cesser immédiatement. « Se soustraire à la critique n’arrête pas les violations des droits de l’homme », a martelé l’organisation, qui appelle au respect du droit international.
Le président dominicain, interrogé cette semaine sur les accusations d’expulsions collectives et de profilage racial, a fermement rejeté toute faute. Il a dénoncé une « attaque injustifiée » contre la souveraineté de son pays et affirmé que les critiques proviennent de ceux qui « n’ont aucune autorité morale », en raison de leur silence face à la crise en Haïti. Pour Abinader, la priorité est de protéger la stabilité de son territoire face à une situation régionale qu’il juge préoccupante.
Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon la Direction générale des Migrations, plus de 184 000 Haïtiens ont été expulsés entre janvier et juin 2025, dont près de 31 000 au cours du seul mois de juin. Amnesty dénonce des pratiques brutales, souvent arbitraires, où des individus sont interpellés uniquement sur la base de leur apparence. Ce bras de fer entre le gouvernement dominicain et les défenseurs des droits humains souligne la complexité d’une crise migratoire alimentée par l’instabilité persistante en Haïti.