Haïti : dix policiers sanctionnés pour avoir dénoncé un manque de matériel en mission
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Une nouvelle controverse éclate au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH), après la sanction disciplinaire de dix agents du Brigade d’intervention motorisée (BIM). Ces policiers, mobilisés le 27 juillet 2025 pour une opération à Kenscoff, avaient alerté leur hiérarchie sur l’état alarmant de leur équipement : blindés fissurés, armes vétustes et protections quasi inexistantes. Selon un agent ayant requis l’anonymat, « nous étions prêts à intervenir, mais pas à nous faire envoyer au suicide ». Moins de 24 heures après leur signalement, tous ont été transférés vers d’autres unités, sans justification officielle.
Pour de nombreux observateurs, cette décision traduit une culture de représailles enracinée dans les hautes sphères de la PNH. Alors que ces agents n’avaient fait que signaler un danger réel pour leur propre sécurité, leur mise à l’écart soulève une question inquiétante : alerter sur un manque de ressources est-il devenu un acte d’insubordination ? La répression de la parole interne dans un contexte de violence extrême compromet non seulement la sécurité des policiers, mais aussi celle des citoyens qu’ils sont censés protéger.
Ce dossier vient raviver un malaise profond au sein de l’institution, déjà minée par la pénurie chronique de matériel, la démotivation des troupes et une pression hiérarchique dissuasive. Tandis que la Direction Générale reste silencieuse face aux accusations, plusieurs syndicats policiers envisagent de saisir l’opinion publique et de demander des comptes. À l’heure où Haïti fait face à une crise sécuritaire sans précédent, cette affaire pose une question cruciale : comment construire une police efficace quand ses propres agents ne peuvent plus parler ?