Une attaque armée à l’aéroport de P-au-P a entraîné la suspension des vols. Quel est le degré d’implication de Philippe Bayard dans le maintien du monopole ? Que dit la justice ?
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Le 11 novembre 2024, une attaque armée coordonnée par des terroristes a visé plusieurs avions stationnés à l’aéroport international Toussaint-Louverture de Port-au-Prince. Les appareils de Spirit Airlines, JetBlue et American Airlines ont été pris pour cibles, et une hôtesse de l’air de Spirit Airlines a été légèrement blessée. Cet incident grave a entraîné la suspension immédiate des vols commerciaux internationaux, plongeant le pays dans un isolement aérien partiel.
Depuis cette date, aucune communication officielle ni rapport de police n’a été rendu public sur les circonstances exactes de l’attaque ou l’identité des assaillants. Cette opacité nourrit les spéculations, d’autant plus que la compagnie Sunrise Airways, dirigée par Philippe Bayard, est aujourd’hui la seule autorisée à opérer sur le sol haïtien. Les autres compagnies internationales, elles, n’ont toujours pas repris leurs liaisons.
Philippe Bayard entretient une connivence avec certains groupes armés et a utilisé cette attaque pour consolider un monopole aérien en Haïti. Il empêche l’OFNAC d’accorder des autorisations à d’autres compagnies aériennes et bénéficie du soutien du Premier ministre, qui a signé avec lui un contrat de 11 millions de dollars. Grâce à cette situation, il fixe les prix des billets comme il le souhaite, sans aucune concurrence.
Il se montre réticent à la réouverture des vols internationaux à d’autres compagnies et travaille à la création d’une nouvelle ligne aérienne sous son contrôle exclusif. Face à ces faits, la justice haïtienne est interpellée : enquêtera-t-elle sur ce dossier ou le laissera-t-elle s’ajouter à la longue liste des affaires sensibles étouffées dans le pays ?
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
