Plus de 115 000 Haïtiens repartis « volontairement » en huit mois à cause des traitements inhumains en République dominicaine
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Depuis le début de l’année 2025, plus de 115 000 Haïtiens sans papiers ont quitté la République Dominicaine, non pas par choix réel, mais sous la pression d’un climat oppressif et de mesures hostiles. Derrière le discours officiel d’une « migration ordonnée et sécurisée », se cachent des pratiques souvent dénoncées comme inhumaines. Les autorités dominicaines durcissent leur appareil répressif, poussant les plus vulnérables à un retour forcé déguisé en départ volontaire.
Les chiffres fournis par la Direction générale des Migrations (DGM) révèlent une hausse constante des retours : de 9 643 en février à plus de 20 000 en août, pour un total de 115 461 en huit mois. Ces données traduisent l’ampleur d’un exode alimenté par la peur, les humiliations et la traque incessante des sans-papiers par les agents migratoires. La République dominicaine impose ainsi une politique de rejet systématique, qui bafoue la dignité humaine.
Si le président Luis Abinader prétend agir dans le cadre de la loi 285-04, la réalité démontre une stratégie d’exclusion qui fragilise encore davantage les relations entre les deux peuples. Les campagnes d’expulsions, habillées sous le terme « retour volontaire », dissimulent mal les pressions subies par les migrants haïtiens. Derrière l’argument de sécurité et de lutte contre la traite des êtres humains, c’est une véritable logique de stigmatisation qui s’installe.
Gerlanda F.
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
