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Scandale au FNE : pour être éligibles aux programmes de subventions, certaines écoles contraintes de céder 50 % des fonds à Sterline Civil

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Le Fonds national de l’éducation (FNE), censé incarner une chance pour les enfants défavorisés, est aujourd’hui éclaboussé par des révélations qui mettent en lumière la déchéance des institutions haïtiennes. Sous la direction de la Directrice Générale Sterline Civil, des établissements scolaires bénéficiaires des subventions seraient contraints de céder la moitié des fonds reçus pour rester dans les programmes officiels, selon les accusations de l’ex-maire de Cité Soleil, Esaïe Beauchard. Une telle pratique ne relève plus d’une simple irrégularité administrative : elle s’apparente à un racket institutionnalisé, au détriment des élèves et des familles les plus vulnérables.

À ce détournement systématique s’ajoutent des dépenses « faramineuses », évaluées à plusieurs millions de gourdes, pour des missions d’évaluation jugées opaques et inutiles. Depuis 2011, le FNE devait garantir le droit à l’éducation en Haïti grâce aux taxes sur les appels internationaux et les transferts d’argent, dont 1,50 $ américains prélevés sur chaque transaction de la diaspora. Or, ces ressources, censées améliorer les infrastructures scolaires et élargir l’accès à l’instruction, sont elles aussi englouties dans des circuits douteux. Le résultat est accablant : plus de 500 000 enfants restent encore hors des salles de classe, pendant que des fonds destinés à l’avenir national disparaissent dans la corruption et l’enrichissement personnel.

Face à ce scandale, l’absence de réaction ferme des autorités alimente un sentiment d’impunité insupportable. Le ROSPO appelle déjà à une mobilisation citoyenne pour exiger le départ de Sterline Civil, jugeant inconcevable qu’une dirigeante accusée d’un tel pillage demeure en fonction. Tant que l’État haïtien ne se saisira pas de ce dossier avec sérieux, la population restera convaincue que ses institutions ne sont pas des instruments de service public, mais des machines de prédation, creusant encore le fossé entre le peuple et ses dirigeants.

Gerlanda F.

Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.

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