Explosion des violences sexuelles dans l’Ouest sous le silence complice de la Transition St-Cyr et Fils-Aimé
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Plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur une recrudescence dramatique des violences sexuelles dans le département de l’Ouest. Elles accusent les autorités de laisser s’installer un climat de terreur entretenu par les gangs armés, où le viol est utilisé comme outil de domination et d’oppression.
Une hausse « alarmante » des violences sexuelles dans l’Ouest
Selon ces organisations, les violences sexuelles ont atteint un niveau « alarmant et inquiétant » entre juin et novembre 2025, notamment dans les zones tombées sous le contrôle de groupes armés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Les gangs utiliseraient le viol — souvent collectif — comme moyen de contrôle, de punition et d’humiliation pour asseoir leur pouvoir sur les communautés. Près de 1,5 million d’habitants seraient ainsi exposés quotidiennement à ce climat de peur et de brutalité.
Des actes d’une brutalité extrême
Les défenseurs des droits humains évoquent des actes d’une extrême violence, touchant aussi bien des enfants que des personnes âgées. Ils rapportent des cas de viols collectifs accompagnés de sévices, de mutilations et parfois d’exécutions, illustrant une barbarie croissante. Les données disponibles font état d’une explosion des violences sexuelles, parallèlement à l’augmentation des meurtres, enlèvements et agressions dans plusieurs zones de la capitale, signe d’une détérioration continue de la situation sécuritaire.
Un crime grave encore trop banalisé
Ces organisations rappellent que le viol constitue un crime grave en droit haïtien et appellent à des campagnes nationales de prévention, à un renforcement de l’accompagnement psychologique des victimes et à une lutte plus vive contre la stigmatisation. Elles soulignent que « n’importe qui peut être victime à n’importe quel moment », que ce soit à l’école, au travail, à l’église ou dans la rue, tant l’insécurité est généralisée.
Les autorités appelées à agir de toute urgence
Enfin, elles dénoncent la passivité des autorités de la Transition, accusées de manquer à leurs obligations fondamentales de protection. Elles exhortent l’État à prendre des mesures concrètes pour endiguer la progression des violences sexuelles, particulièrement dans les quartiers les plus vulnérables. Elles appellent également les institutions publiques, les organisations féministes et les citoyens à s’impliquer davantage dans la prévention, le signalement des cas et le soutien aux victimes, afin de freiner un phénomène qui menace profondément la dignité et la sécurité de toute la population.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
