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Affaire Stephora : 50 millions de pesos exigés à chaque personne arrêtée

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La justice dominicaine a demandé, samedi 7 décembre dernier, l’imposition de mesures coercitives sévères contre les quatre employées de l’Institut Leonardo Da Vinci arrêtées dans l’enquête sur la mort de la fillette haïtienne Stephora Anne-Mircie Joseph. Le ministère public réclame notamment une caution de 50 millions de pesos pour chacune, ainsi que des mesures de contrôle strictes en attendant la suite de la procédure.

Une caution astronomique réclamée par l’État

Les procureurs dominicains exigent que les accusées versent une garantie économique de 50 millions de pesos chacune, par l’intermédiaire d’une compagnie d’assurance. D’autres mesures sont aussi requises : interdiction de quitter le territoire sans autorisation judiciaire préalable, présentation régulière au ministère public et port de bracelets électroniques. Ces sanctions préventives s’inscrivent dans le cadre de l’enquête ouverte pour homicide involontaire après la mort de Stephora, 11 ans, survenue le 14 novembre lors d’une excursion scolaire.

Quatre employées de l’école dans le collimateur de la justice

Les personnes visées par ces mesures sont Yris del Carmen Reyes Adames, la directrice administrative, Gisela Altagracia de las Mercedes González Estrella, la coordinatrice générale, Francisca Josefina Tavarez Vélez, la conseillère et Vilma Altagracia Vargas Morel, la coordinatrice du niveau secondaire. Elles ont été interpellées ce week-end dans le cadre de l’enquête après les révélations sur les négligences présumées ayant entouré l’excursion à l’hacienda Los Caballos, à Gurabo.

Des accusations lourdes fondées sur le Code pénal dominicain

Selon le ministère public, les faits reprochés relèvent de plusieurs dispositions juridiques. L’affaire est qualifiée d’homicide involontaire, au sens de l’article 319 du Code pénal dominicain. Les accusées sont également poursuivies pour abandon et mauvais traitements d’enfants et d’adolescents, conformément à l’article 351-2. Le ministère public invoque également l’article 14 de la loi 136-03, relative à la protection des enfants et des adolescents.

Une procédure jugée proportionnelle par le ministère public

Le parquet estime que les mesures demandées sont « les plus appropriées et les plus proportionnelles » à la gravité des faits reprochés. Ces exigences s’appuient sur l’article 226 du Code de procédure pénale, notamment les chiffres 1, 2, 4 et 5, qui encadrent l’application des mesures coercitives contre des personnes poursuivies dans des dossiers sensibles impliquant des mineurs.

Une enquête menée par des unités spécialisées

Le dossier est entre les mains du procureur adjoint Wilson Camacho et de la procureure Olga Diná Llaverías, responsables respectivement de la Direction générale de la poursuite et de la Direction nationale des enfants, des adolescents et de la famille (Dinnaf). Ces équipes spécialisées sont chargées de rassembler les éléments de preuve afin de déterminer les responsabilités dans ce drame qui a suscité une vive émotion des deux côtés de l’île.

Une affaire qui continue de secouer l’opinion

La mort de Stephora Anne-Mircie Joseph a provoqué une vague d’indignation en Haïti comme en République dominicaine. Les parents, les médias et plusieurs organisations exigent transparence et justice. Les mesures coercitives demandées témoignent de l’importance accordée par les autorités dominicaines à ce dossier, alors que les familles attendent des réponses claires sur les circonstances exactes de la tragédie.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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