Satellite509

Journal libre, Indépendant et sans Subvention.

Sans consensus national ni sécurité, organiser des élections serait une illusion dangereuse, selon le parti politique IDA

3 min read

Port-au-Prince, 28 décembre 2025
Face à l’enlisement politique, à l’insécurité généralisée et à la crise institutionnelle persistante, le parti Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) remet au cœur du débat national une option qu’il juge incontournable : une entente nationale conditionnelle, préalable à toute élection crédible en Haïti.

Dans une vidéo transmise à notre rédaction, l’ancien sénateur et cadre de l’IDA, Pierre Francky Exius, a réaffirmé la position de sa formation politique, estimant qu’en l’absence d’un consensus national fort, la communauté internationale continuera d’imposer ses propres solutions au pays.

« Sans entente nationale, l’international en profitera pour dicter l’agenda », a-t-il averti, appelant à un dialogue inclusif, souverain et responsable entre Haïtiens.

Après le CPT, des dirigeants rassembleurs… mais une rupture transitoire assumée

Se projetant au-delà de l’échéance du 7 février 2026, Pierre Francky Exius s’est exprimé sur le profil des dirigeants appelés à succéder au Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon lui, le pays a besoin de dirigeants rassembleurs, porteurs d’objectifs nationaux clairs et capables de fédérer les forces vives.

Toutefois, l’IDA assume la nécessité d’une rupture transitoire maîtrisée, destinée à créer les conditions minimales pour l’organisation d’élections réellement libres, honnêtes et crédibles.

Pour l’ex-sénateur, organiser des élections dans le chaos sécuritaire actuel relève de l’illusion politique.

Sécurité d’abord, élections ensuite

Tout en se disant favorable au retour à l’ordre constitutionnel, Pierre Francky Exius a été catégorique : l’insécurité rend toute consultation électorale impossible à court terme. La priorité absolue de la prochaine transition doit donc être le rétablissement de la sécurité nationale.

Dans le même temps, il a mis en garde contre la logique des transitions à répétition, qu’il considère comme un système profitable à une minorité politique, tout en aggravant l’instabilité et la pauvreté pour la majorité de la population.

« Les transitions sans résultats enrichissent quelques-uns et plongent le pays plus profondément dans l’insécurité », a-t-il dénoncé.

Une causerie citoyenne pour penser l’Haïti de 2026

Ces prises de position ont été formulées lors d’une causerie-débat organisée le samedi 27 décembre 2025 à l’Hôtel Oasis, autour du thème de l’avenir du pays. L’événement, tenu en plein air à l’occasion des fêtes de fin d’année, a rassemblé près d’une centaine de citoyens, désireux de réfléchir à de nouvelles perspectives politiques pour 2026.

À cette occasion, le coordonnateur général de l’IDA, Jean Michelet Simplice, a insisté sur la formation politique des jeunes, qu’il considère comme une condition essentielle à l’émergence d’un parti moderne et crédible.

« Il ne peut exister de parti politique sérieux sans un investissement réel dans le renforcement des capacités et la communication stratégique », a-t-il déclaré.

Une vitrine politique et un message stratégique

L’activité visait également à présenter l’IDA au grand public et à renforcer sa visibilité sur la scène politique nationale. Jean Michelet Simplice a par ailleurs tenu à souligner qu’aucun membre de l’IDA ne fait l’objet de sanctions internationales pour corruption ou collusion avec des groupes armés, un point que le parti met en avant dans un contexte de défiance généralisée envers la classe politique.

Outre Pierre Francky Exius, l’IDA compte parmi ses principaux responsables Jacques Ambroise, secrétaire général adjoint, et Jean Michelet Simplice, coordonnateur général.

Message central de l’IDA : sans sécurité, sans consensus national et sans rupture avec les pratiques des transitions stériles, aucune élection ne pourra sortir Haïti de la crise.

Spread the love