Transition politique en Haïti : le journaliste anti-corruption, Djovany Michel, dénonçait dès juin 2025 une stratégie d’isolement du CPT
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Dès le 23 juin 2025, l’analyste et observateur politique Djovany Michel, connu sur les réseaux sociaux pour ses multiples révélations sur les actes de corruption, alertait l’opinion publique sur ce qu’il considère comme une stratégie délibérée du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé visant à rendre le Conseil présidentiel de transition (CPT) inopérationnel jusqu’à sa dissolution. Selon lui, le chef du gouvernement marcherait sur les traces d’Ariel Henry en cherchant à diriger seul la transition politique, au mépris de l’esprit collégial prévu par l’Accord du 3 avril.
Dans son analyse publiée à l’époque, Djovany Michel affirmait que le Premier ministre aurait exploité la situation judiciaire de trois conseillers-présidents inculpés pour corruption, ainsi que la position de Laurent St-Cyr, afin d’empêcher le président du CPT, Fritz Alphonse Jean, de réunir le quorum nécessaire à la tenue d’un Conseil des ministres. Privé des cinq membres requis sur sept, le CPT se retrouverait ainsi paralysé jusqu’à l’expiration de l’Accord du 3 avril, ouvrant la voie à une gouvernance solitaire du Premier ministre. Djovany Michel estimait alors que ce « rêve » de concentration du pouvoir était déjà réalisé à 80 %.
L’analyste allait plus loin en évoquant un scénario politique controversé : une éventuelle négociation d’amnistie avec des groupes armés afin de faciliter l’organisation d’élections menant à la présidence d’Olivier Barreau. Il soulignait également que même dans l’hypothèse où Laurent St-Cyr succéderait à Fritz Alphonse Jean à la tête du CPT, le Conseil resterait dysfonctionnel, ne disposant que de quatre membres actifs, insuffisants pour atteindre le quorum légal. Ces déclarations, formulées plusieurs mois à l’avance, alimentent aujourd’hui les critiques sur la gestion de la transition et relancent le débat sur les dérives institutionnelles et le risque d’une nouvelle concentration du pouvoir exécutif en Haïti.