République dominicaine : la Migration accusée d’intrusions violentes et de vols contre des Haïtiens et des Dominicains d’origine haïtienne
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Une nouvelle tempête secoue l’est de la République dominicaine. À Verón–Punta Cana, de graves accusations visent des agents de la Direction générale de la Migration (DGM), soupçonnés d’avoir mené des opérations marquées par des intrusions violentes, des vols d’argent et des menaces de mort contre des civils. Les faits ont été relayés ce jeudi 15 janvier 2026 par le média dominicain Fotuto, sur la base de témoignages concordants.
Au cœur des dénonciations, le pasteur évangélique Wilson Chal, coordinateur de 48 églises protestantes dans la zone et figure engagée pour les droits humains des populations vulnérables, notamment haïtiennes et dominicaines d’origine haïtienne. Il affirme qu’une patrouille dirigée par un colonel de l’armée dominicaine, en uniforme, a forcé l’entrée de plusieurs domiciles, dont le sien.
« Ils ont brisé mes portes, m’ont surpris à l’intérieur et m’ont pointé des armes longues à la tête en me menaçant de me tuer », témoigne-t-il, décrivant une scène de terreur.
Selon le pasteur, ces opérations, menées sous couvert de campagne migratoire renforcée, auraient été détournées à des fins abusives. Il accuse les agents de la DGM de profiter des descentes, notamment à l’approche des jours de paie, pour s’emparer de liquidités appartenant aux résidents.
« Les patrouilles de Migration ont détruit des portes, envahi des maisons et emporté l’argent des habitants », affirme-t-il.
Dans le secteur El Samaritano II, des habitants corroborent ces accusations. Une résidente rapporte que les agents ont fouillé les logements, saisi des portefeuilles, retiré de l’argent, puis jeté au sol des documents personnels, cartes d’identité et autres papiers officiels. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrant ces documents abandonnés ont alimenté l’indignation et renforcé le sentiment d’abus.
Ces révélations ravivent le débat national sur les méthodes des autorités migratoires et le respect des droits fondamentaux lors des opérations de contrôle. Des organisations et des citoyens réclament une enquête indépendante, l’identification des responsables et des garanties immédiates pour prévenir la répétition de pratiques jugées contraires à l’État de droit et à la dignité humaine.
Gerlanda F.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
