Alors que le monde alerte sur les risques liés aux laits infantiles, le ministre Sinal Bertrand reste silencieux
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Dans plusieurs pays d’Europe et au-delà, les autorités sanitaires ont récemment lancé des alertes et procédé au rappel volontaire de plusieurs lots de laits infantiles, notamment des marques Guigoz et Nidal. Ces décisions font suite à des défaillances constatées sur certaines lignes de production et à la détection de bactéries potentiellement dangereuses pour les nourrissons, comme le Bacillus cereus. Ailleurs, l’information circule rapidement, les parents sont prévenus et des mesures préventives sont prises pour limiter les risques.
En Haïti, en revanche, le silence des autorités inquiète. Alors que ces produits sont largement consommés dans le pays, le ministre de la Santé publique et de la Population, Sinal Bertrand, n’a publié aucune communication officielle pour informer les familles, les hôpitaux ou les centres de nutrition. Cette absence de réaction intervient dans un contexte où le marché haïtien est marqué par une forte présence de produits importés, souvent vendus sans contrôle rigoureux, notamment dans les pharmacies privées et les circuits informels.
Prétendre que ces laits infantiles ne circulent pas sur le territoire national relève difficilement de la crédibilité. Dons humanitaires mal tracés, importations parallèles et manque de mécanismes de régulation exposent les nourrissons à des risques accrus. Les lots rappelés à l’international sont pourtant clairement identifiés, ce qui rend d’autant plus préoccupant le fait que le ministre Sinal Bertrand n’ait pris aucune initiative publique pour vérifier leur présence ou en interdire la vente.
Ce mutisme pose de lourdes questions de responsabilité. Qui veille à la qualité des aliments destinés aux enfants en bas âge ? Qui protège les nourrissons lorsque même les fabricants reconnaissent des défaillances ? Dans un pays frappé par la malnutrition chronique et la fragilité du système de santé, ne pas informer équivaut à exposer sciemment les plus vulnérables.
Au-delà de l’épisode des laits infantiles, cette situation met en lumière un problème plus large : l’effondrement du système de veille sanitaire. L’absence d’anticipation, de contrôle et de communication révèle un État dépassé, voire indifférent, face à des enjeux majeurs de santé publique. Pendant que d’autres pays rappellent, contrôlent et protègent, le ministère dirigé par Sinal Bertrand continue de garder le silence.
Le silence, dans ce contexte, n’est pas une simple omission. Il devient une faute. La protection des nourrissons ne peut dépendre ni du hasard ni de la vigilance individuelle des parents. Elle relève d’une responsabilité étatique fondamentale, qui, à ce stade, n’est toujours pas assumée.