Chenille en pleine fourmilière politique : Smith Augustin recule, tandis que quatre conseillers, majoritairement sanctionnés, foncent pour destituer Laurent Saint-Cyr
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Une nouvelle tentative visant à évincer le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a échoué après un vote interne qui n’a pas réuni la majorité requise. La résolution supplémentaire déposée à cet effet n’a obtenu que quatre voix, alors que cinq étaient nécessaires pour entraîner la destitution.
Le texte avait été soutenu par les conseillers Louis Gérald Gilles, Lesly Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Frit Alphonse Jean. Malgré cette coalition, la démarche s’est heurtée au refus du conseiller-président Smith Augustin, dont la position a été déterminante dans l’issue du scrutin. En s’abstenant de voter en faveur de la résolution, Smith Augustin a permis à Laurent Saint-Cyr de conserver son poste à la tête du CPT. Cette décision a également maintenu le Premier ministre en fonction, soutenu par le coordonnateur.
Un positionnement politique contrasté
Ce vote survient alors que Smith Augustin a récemment multiplié les prises de position publiques et privées qui illustrent un certain va-et-vient politique. Dans une correspondance officielle du 23 janvier 2026 adressée à Laurent Saint-Cyr, il alertait sur les risques de divisions internes et appelait à un consensus pour garantir la stabilité politique et des élections crédibles. Quelques jours plus tard, sur X, il revendiquait pleinement son vote en faveur du renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, assumant la légalité et la légitimité de son acte. Cette oscillation entre prudence institutionnelle et affirmation personnelle brouille son positionnement au sein du CPT.
Conséquences sur l’équilibre du Conseil
Cet épisode s’inscrit dans une série de manœuvres internes marquées par des tentatives répétées de déstabilisation. Avec ce nouvel échec, le camp favorable au maintien de Laurent Saint-Cyr revendique désormais un avantage symbolique, évoquant un score de deux tentatives infructueuses contre zéro succès pour ses opposants. La cohérence des décisions au sommet du CPT apparaît fragilisée, et le rôle pivot de certains conseillers, comme Smith Augustin, devient déterminant pour la survie politique de la direction actuelle.
Les divisions persistantes au cœur de la transition
La situation met une nouvelle fois en lumière les fractures au sein du CPT, dans un contexte politique déjà fragile. L’oscillation de Smith Augustin entre prudence, dialogue et affirmation de ses choix contribue à nourrir le sentiment d’incertitude et d’improvisation, là où clarté et cohérence seraient essentielles pour restaurer la confiance nationale et préparer l’après-7 février 2026.
Une leçon sur la stabilité institutionnelle
Entre décisions stratégiques et revirements discursifs, l’épisode illustre la complexité de la transition haïtienne et l’importance du positionnement individuel des conseillers. Chaque vote, chaque déclaration publique a un poids réel sur l’équilibre du pouvoir, et la fluctuation de Smith Augustin démontre combien le consensus et la cohésion restent fragiles au sommet de l’État.