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Formations du CEP aux journalistes : données bancaires collectées, argent promis jamais versé, Jacques Desrosiers au cœur de soupçons de corruption

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Le Conseil électoral provisoire (CEP) se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse aux relents de corruption, après avoir organisé, les 15, 16 et 17 décembre derniers, trois journées de formation à l’intention de journalistes des médias en ligne à l’hôtel de Karibe, formations accompagnées de promesses financières jamais honorées, mais surtout d’une collecte massive de données personnelles sensibles.

Selon plusieurs journalistes ayant participé à ces séances, le CEP leur a exigé des informations confidentielles : coordonnées bancaires, copies de cartes d’identification électorale,
documents personnels, sous prétexte de formalités administratives liées au versement d’une indemnité promise.

« Depi 15 desanm, CEP te òganize 3 jounen fòmasyon pou jounalis medya an liy. Yo te mande nou bay done bank, kopi kat elektoral, tout papye. Yo te pwomèt frè. Jiska prezan, anyen pa fèt. »

Mais l’affaire ne s’arrête pas là.

Au milieu du mois de janvier, le CEP a de nouveau recontacté les journalistes pour réclamer, une seconde fois, les mêmes documents, évoquant cette fois un prétendu décaissement pris en charge par le PNUD. Là encore : aucune trace d’argent, aucun calendrier clair, aucun justificatif officiel.

« CEP a di se PNUD k ap bay kòb la. Nou voye tout ankò. Jiska jodi a, pa gen nouvèl, pa gen lajan. »

Quand les promesses s’évaporent, les risques explosent

Dans un pays où les circuits de corruption sont profondément enracinés, cette accumulation de documents personnels entre les mains d’institutions opaques alimente de graves inquiétudes.

« Depi nèg yo gen kopi pyès ou, ak rezo yo genyen, yo ka chanje chèk, fè detounman lajan fasil. »

Une crainte légitime.

Des spécialistes en fraude financière interrogés par Satellite509 rappellent que les données d’identification combinées à des coordonnées bancaires constituent un terrain idéal pour :

1- falsifications de chèques

2- détournements de fonds
usurpations d’identité

3- montages frauduleux

Discours d’éthique publique, pratiques douteuses en coulisses

Ironie amère : ces formations étaient officiellement destinées à renforcer la rigueur journalistique, la lutte contre la désinformation et la transparence électorale.

Le président du CEP, Jacques Desrosiers, y multipliait les appels à l’éthique, au fact-checking et à la responsabilité démocratique, présentant les journalistes comme « gardiens de la vérité ».

Selon un journaliste qui nous a contactés, les agissements actuels de Jacques Desrosiers constituent un reniement de parole et une trahison des principes qu’il prétendait défendre.

Pendant des années, Desrosiers s’est forgé l’image d’une figure respectée du journalisme haïtien : collaborations avec Le Nouvelliste, Vision 2000, HPN et Magic9, direction de l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), promotion de la formation des correspondants et du renforcement des médias.

Il est même allé jusqu’à présider le Conseil Électoral Provisoire (CEP) comme représentant du secteur de la presse.

Aujourd’hui, ce parcours présenté comme exemplaire est frontalement contredit par des pratiques dénoncées par ses propres confrères.

Mais pendant que les discours moralisateurs Jacques Desrosiers
défilaient à la tribune, en coulisses :

1- documents sensibles collectés

2- promesses financières non tenues

3- flou total sur la gestion des fonds

4- opacité sur le rôle réel du PNUD

Une mécanique familière de prédation institutionnelle ?

Pour de nombreux observateurs, cette affaire ressemble à une mécanique bien rodée :

1- Organisation d’activités publiques financées ou prétendument financées par des partenaires internationaux

2- Collecte de données personnelles

3- Absence de traçabilité financière

4- Disparition des fonds annoncés

Une méthode qui, en Haïti, a souvent servi de couverture à des détournements massifs.

Face à la gravité des soupçons, Satellite509 annonce l’ouverture d’une enquête approfondie sur :

1- les budgets réellement alloués à ces formations

2- l’implication effective ou non du PNUD

3- l’utilisation des données personnelles collectées

4- la chaîne de décision au sein du CEP

Car au-delà de simples promesses non tenues, c’est la sécurité financière et l’intégrité des journalistes qui pourraient avoir été mises en péril.

Une question centrale demeure

1- Où est passé l’argent annoncé ?

2- Pourquoi cette collecte répétée de documents sensibles ?

3- Qui en a aujourd’hui la maîtrise ?

En Haïti, quand l’argent disparaît et que les papiers circulent, la corruption n’est jamais loin.

Satellite509 continuera d’enquêter. La vérité, elle, ne disparaît jamais aussi facilement que les fonds publics.

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