Centre d’accueil de Carrefour : abandon et crise, JECO dénonce la négligence grave des autorités
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La situation du Centre d’accueil de Carrefour (CAC) suscite une vive inquiétude dans le secteur de la protection de l’enfance. L’organisation JECO, engagée auprès des jeunes vulnérables, tire la sonnette d’alarme et pointe du doigt la dégradation avancée du centre, censé pourtant être un espace de protection, d’accompagnement et de réinsertion. Pour l’organisation, l’état actuel du site reflète une négligence grave des autorités compétentes, en particulier du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), officiellement responsable de la structure.

Une photo du Centre d’accueil de Carrefour circule sur les réseaux sociaux.
Dans sa déclaration, JECO est sans détour : « Le CAC, qui devrait être un espace sécurisé pour des enfants en situation de vulnérabilité, ne remplit plus sa mission. » L’organisation décrit un terrain marqué par l’absence de ressources, le manque d’encadrement et une gestion jugée insuffisante. Au lieu d’un lieu de protection, le centre serait devenu un espace de précarité prolongée, exposant les enfants à davantage de risques que de solutions. Cette dérive, selon JECO, ne peut s’expliquer que par un déficit de supervision publique et une indifférence administrative prolongée.
L’organisation dresse un tableau préoccupant des conditions de vie : « Les enfants accueillis au CAC vivent dans des conditions précaires. Le manque de sécurité, de nourriture, de soins médicaux et d’un accompagnement éducatif rend le centre inefficace. » Elle souligne aussi une anomalie structurelle : la présence de jeunes de plus de 18 ans dans un centre qui n’est pas conçu pour être un foyer permanent. Pour JECO, c’est la preuve d’un système bloqué, sans stratégie de sortie ni programme réel de réinsertion. L’inaction prolongée transforme un dispositif d’urgence en impasse sociale.
Face à cette situation, JECO formule une demande directe et publique : « JECO demande la reprise totale du contrôle par le MAST » et précise : « Le Centre d’Accueil de Carrefour relève officiellement du MAST, qui a la responsabilité administrative et morale de garantir la protection et le bien-être des enfants. » L’organisation réclame notamment la nomination d’une équipe de direction compétente, la sécurisation du site, des programmes éducatifs et professionnels, ainsi qu’une restructuration complète. Son appel se conclut par une interpellation sans ambiguïté : « La vie des enfants ne peut pas attendre. MAST, agissez maintenant. » Pour de nombreux observateurs, si aucune réponse rapide n’est apportée, cette crise risque de devenir un symbole supplémentaire de la faillite sociale des institutions.
Léandro S. Léonard
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
