Haïti : Laits infantiles contaminés en vente à Port-au-Prince, le ministre Sinal Bertrand reste muet malgré les multiples dénonciations
3 min readAlors que des autorités sanitaires dans plusieurs pays européens ont déclenché des rappels de lots de laits infantiles contaminés, Haïti, elle, semble rester les bras croisés. Dans la capitale, des produits visés par ces alertes – Blédilait Junior, Gallia et autres marques concernées – sont toujours proposés aux familles dans des supermarchés tels que Delimart à Turgeau et Olympic Market à Lalue. Chaque boîte vendue représente un risque concret pour la santé des nourrissons haïtiens.
Face à cette situation alarmante, le ministre de la Santé publique et de la Population, Sinal Bertrand, demeure silencieux. Aucune communication officielle, aucun avertissement, aucun retrait de produits : un mutisme qui contraste fortement avec la réactivité des autres États. Comment un ministère peut-il prétendre protéger les enfants tout en laissant ces produits dangereux circuler librement ?
Les lots incriminés portent des dates de durabilité correspondant aux produits rappelés à l’international. Malgré cela, ils restent disponibles dans les rayons, exposant des bébés innocents à des bactéries potentiellement dangereuses comme Bacillus cereus. Ce manquement constitue non seulement une grave négligence, mais interroge sur la capacité réelle de l’État à contrôler la qualité des aliments destinés aux plus vulnérables.
La question se pose avec acuité : qui veille sur la sécurité des nourrissons haïtiens ? Les parents ne peuvent ni tester la contamination, ni évaluer la sécurité des produits importés. Le rôle du ministère de la Santé publique est clair, mais sa passivité actuelle transforme chaque achat en un pari risqué sur la santé des enfants.
Le silence de Sinal Bertrand et l’absence de mesures concrètes illustrent l’effondrement du système de veille sanitaire en Haïti. Les mécanismes de rappel rapide et de contrôle efficace sont inexistants, laissant un marché dominé par des importations parallèles et des dons humanitaires mal tracés. Pendant ce temps, les bébés haïtiens continuent d’être exposés sans défense.
Chaque jour sans réaction amplifie le danger. Il ne s’agit plus d’un simple oubli bureaucratique, mais d’une mise en péril délibérée des enfants. Les familles achètent en confiance, pensant que l’État garantit la sécurité alimentaire, alors que cette certitude n’existe plus.
Au final, le silence du ministre Sinal Bertrand devient insoutenable. Prévenir la contamination infantile n’est pas une option, c’est une obligation fondamentale de l’État. Ne rien faire, ne rien dire, c’est transformer chaque rayon de supermarché en menace pour la vie de nos enfants. La responsabilité est claire : le ministère doit agir immédiatement, et chaque jour de retard est un jour où des vies innocentes sont mises en danger.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.
