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Sécurité frontalière et recettes douanières : le RHAJAC demande la suspension du contrat de 542 634 238 USD

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Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a vivement dénoncé le contrat de 542 634 238 dollars américains validé récemment par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) au profit de la société Evergreen Trading System Limited, d’Éric Prince. Selon le réseau, cet engagement public est « juridiquement entaché d’illégalité » et soulève de graves problèmes institutionnels.

« Le mandat des membres de la CSC/CA est arrivé à expiration depuis la gouvernance du Premier ministre Ariel Henry, en date du 6 avril 2024 », affirme le communiqué du RHAJAC. L’organisation estime qu’« une institution dont les membres sont en situation de mandat échu ne peut valablement engager l’État sur un contrat de dix ans d’une telle ampleur ».

Capture d’écran de la note de presse du RHAJAC dénonçant le contrat de 542 millions USD et réclamant sa suspension.

Le RHAJAC souligne également que le pays fonctionne actuellement sans Parlement opérationnel. « Un engagement stratégique de 542 millions USD, portant sur la souveraineté sécuritaire et budgétaire, a été validé sans contrôle législatif ni débat démocratique », explique le réseau. Pour ses responsables, l’absence d’un cadre institutionnel régulier et transparent rend ce contrat susceptible d’être annulé.

Dans sa déclaration, le réseau demande « la suspension immédiate de l’exécution du contrat » et « la publication intégrale des documents contractuels ». Le RHAJAC insiste sur le fait que tout projet de cette envergure doit attendre un Parlement fonctionnel et des institutions indépendantes pour être analysé. « La lutte contre l’insécurité ne peut servir de prétexte à contourner l’État de droit », conclut le communiqué, en appelant à des mécanismes de contrôle rigoureux afin d’éviter tout détournement ou usage abusif des fonds.

Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, rappelle enfin que « même si les membres de la CSC/CA ne sont pas compromis, pourraient-ils travailler en toute indépendance en fin de mandat avec un exécutif sans contre-pouvoir ? », posant ainsi la question de la légitimité de la décision.

Léandro S Léonard

Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.

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