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Alix Didier Fils-Aimé envisagerait de changer six membres du CEP pour repousser les élections et prolonger la transition

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Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) poursuit l’enregistrement des partis politiques et accélère certaines démarches administratives en vue d’éventuelles élections, des signaux totalement contradictoires émergent du côté de la Primature.

Officiellement, aucune annonce n’a été faite pour suspendre ou reporter le processus électoral. Pourtant, selon plusieurs sources politiques, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait confié en privé à certains interlocuteurs qu’aucune élection ne serait organisée en 2026.

Sur la photo : le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Cette position tranche radicalement avec la dynamique actuelle du CEP, qui agit comme si le pays se dirigeait vers des scrutins imminents. L’institution continue d’enregistrer des partis politiques et de préparer les prochaines étapes du calendrier électoral, tandis que la Primature reste silencieuse.

Plus troublant encore : depuis la nouvelle phase de la transition politique, aucun contact clair n’aurait été établi entre le chef du gouvernement et le CEP pour fixer une orientation officielle. Le Conseil électoral avance donc dans une zone d’incertitude, sans savoir si l’exécutif soutient réellement l’organisation d’élections.

Dans le même temps, le Premier ministre semble privilégier une autre priorité : le « pacte national », un accord politique qui prévoit notamment une modification constitutionnelle et une reconfiguration du cadre institutionnel de la transition.

Ces orientations nourrissent un soupçon grandissant dans les milieux politiques. Selon plusieurs sources, certains secteurs proches du pouvoir envisageraient également de modifier la composition du Conseil électoral provisoire en remplaçant jusqu’à six membres du CEP.

Si cette hypothèse se confirme, elle pourrait profondément bouleverser l’équilibre de l’institution chargée d’organiser les élections.

Ainsi, deux réalités semblent désormais coexister au sommet de l’État :

1- d’un côté, un CEP qui agit comme si les élections approchaient ;

2- de l’autre, un Premier ministre qui, selon plusieurs confidences politiques, ne souhaiterait pas organiser de scrutin cette année.

Cette contradiction alimente les inquiétudes d’une partie de la classe politique et de la société civile. Si aucune clarification n’est apportée rapidement, le pays pourrait s’enfoncer dans une nouvelle prolongation de la transition, avec un processus électoral suspendu entre annonces officielles et décisions prises dans l’ombre.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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