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Assassinat de Jovenel Moïse : des pièces d’arme examinées dans le procès fédéral à Miami

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Alors que le procès fédéral autour de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, tué le 7 juillet 2021 à sa résidence près de Port‑au‑Prince, est en cours devant un tribunal de Miami, des procureurs américains ont présenté des éléments matériels liés à l’enquête au cours des audiences récentes. L’accusation contre plusieurs hommes, dont Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla et James Solages, s’est ouverte le 10 mars 2026 et se concentre sur une vaste conspiration impliquant l’organisation et le financement d’une opération menée depuis la région de Floride visant à enlever ou tuer l’ancien chef de l’État.

Parmi les objets évoqués au procès figurent plusieurs fusils d’assaut, fusils de chasse et pistolets‑mitrailleurs, certains de type AR‑15 saisis sur des suspects impliqués dans le complot, notamment chez des complices arrêtés après les faits. Des armes de ce type ont été retrouvées lors des perquisitions au domicile de certains accusés, y compris des fusils AR‑15 et d’autres armes longues découvertes chez des co‑prévenus haïtiens selon des rapports d’enquête.

Des armes et des munitions utilisées lors de l’assassinat du président défunt Jovenel Moïse examinées au procès de Miami. En arrière-plan, des personnes menottées sont assises.

Un expert balistique du Federal Bureau of Investigation (FBI) a affirmé en cour que certaines balles analysées provenaient d’un même canon identifié comme appartenant à un de ces fusils AR‑15. Ces éléments sont utilisés par les procureurs pour lier des armes à feu à des participants présumés de l’opération qui a coûté la vie au président.

Le tribunal a également entendu des témoignages mettant en lumière les circonstances de l’assassinat. L’examen médical du corps de Jovenel Moïse, réalisé plusieurs jours après sa mort, a révélé qu’il avait été atteint de multiples projectiles, dont une balle fatale au cœur, dans l’attaque menée par des mercenaires étrangers, principalement des anciens soldats colombiens.

Alors que l’accusation poursuit son travail, l’équipe de défense a contesté la solidité de certaines preuves matérielles, soulignant notamment des failles dans la chaîne de conservation des éléments, ainsi que l’absence de prélèvements d’empreintes digitales ou d’ADN exploitables dans plusieurs pièces liées à l’enquête. Ces critiques ont été relevées par des observateurs et certains commentateurs liés au procès, qui estiment que les premiers jours de l’enquête sur la scène du crime auraient été mal gérés.

Ce procès à Miami relance également des interrogations plus larges sur les responsabilités exactes et l’ampleur du complot derrière l’assassinat. Si des accusés ont déjà été condamnés à des peines de prison à vie pour des charges de conspiration, d’autres sont encore jugés, et le rôle de certains intermédiaires et planificateurs, notamment ceux ayant opéré entre Haïti et les États‑Unis, reste au centre des débats judiciaires.

Quatre ans après ces événements dramatiques, l’enquête judiciaire met en lumière non seulement la complexité du dossier mais aussi les zones d’ombre persistantes quant à la gestion de certaines preuves et à la conduite de l’enquête, tant en Haïti qu’à l’étranger.

Léandro S Léonard

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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