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Costa Rica : des joueurs haïtiens empêchés de voyager faute de visas

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La mobilité internationale des Haïtiens est de plus en plus entravée par des politiques de visas strictes, affectant non seulement les déplacements privés mais aussi la participation à des événements sportifs majeurs.

Selon des données récentes du Département d’État américain, les ressortissants haïtiens figuraient parmi les nationalités avec des taux de refus de visas touristiques (B-1/B-2) très élevés, atteignant environ 47,35 % à la fin de l’année fiscale 2024, l’un des plus importants au monde derrière certains pays comme Cuba ou El Salvador, a-t-on appris ce lundi 23 mars 2026.

Patrick Massenat, secrétaire général de la Fédération haïtienne de Football.

Ce taux de refus élevé se traduit concrètement par des difficultés accrues pour les Haïtiens d’obtenir un visa pour les États-Unis. Cela a eu des répercussions directes sur des compétitions sportives, où des équipes ou leurs supporters se sont retrouvés dans l’impossibilité de voyager.

Par exemple, certains joueurs haïtiens ont rencontré des obstacles pour participer à des matchs internationaux, notamment lors de déplacements vers des compétitions organisées au Costa Rica, où la sélection haïtienne de football doit affronter la Tunisie le samedi 28 mars 2026, avant de jouer contre l’Islande le mardi 31 mars 2026.

Patrick Massenat, secrétaire général de la Fédération haïtienne de Football, a récemment souligné l’impact de ces restrictions sur le sport national, mettant en avant les obstacles bureaucratiques et les refus de visas qui compliquent la vie des équipes et des supporters. Bien que la FHF ne fournisse pas de statistiques complètes sur tous les cas, ces difficultés ont été régulièrement évoquées dans la presse sportive et sur les réseaux sociaux, accentuant l’impossibilité pour certains supporters d’assister aux matchs à l’étranger.

Par ailleurs, la sélection nationale et certaines institutions de l’État sont souvent citées dans des pratiques liées à la délivrance de visas, notamment des accusations de trafic ou de vente de visas. Cette situation contribuerait à fragiliser la crédibilité de l’État haïtien à l’international.

À cela s’ajoute un autre facteur : les mouvements migratoires importants liés à l’insécurité et à la violence des gangs, qui poussent de nombreux citoyens à quitter le pays, renforçant la méfiance de certains États dans le traitement des demandes de visa.

Ce contexte s’inscrit dans un environnement global où le passeport haïtien offre un faible niveau de liberté de voyage selon les classements internationaux, avec un accès visa-free limité à très peu de destinations comparé à des passeports plus puissants, comme le classe le Henley Passport Index.

La situation pose des défis considérables pour les citoyens haïtiens souhaitant voyager, étudier, travailler ou participer à des événements internationaux. Sans un soutien accru des autorités haïtiennes pour aider les demandeurs à répondre aux exigences consulaires et une meilleure stabilité administrative et documentaire, cette crise de mobilité risque de perdurer, créant d’importants obstacles à l’intégration globale des Haïtiens dans les échanges internationaux.

Léandro S. Léonard

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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