Crise en Haïti : le Grand Bloc du Peuple (GBP) accuse le pouvoir de sacrifier les citoyens au profit d’une minorité
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Le Grand Bloc du Peuple (GBP) a vivement réagi à la décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers, annoncée le 2 avril 2026. Dans une note officielle publiée à Port-au-Prince, la structure politique dit exprimer « sa profonde indignation » et condamne « avec la plus grande fermeté la décision unilatérale prise par le gouvernement de Fils-Aimé ». Elle considère cette mesure comme un coup dur supplémentaire pour une population déjà fragilisée par la crise économique et l’insécurité.
Tout en reconnaissant indirectement les pressions internationales, le GBP affirme ne pas ignorer « l’impact des turbulences liées au conflit avec l’Iran sur le marché pétrolier mondial ». Toutefois, il critique sévèrement la manière dont la décision a été prise, qu’il qualifie de « signe flagrant d’une irresponsabilité et d’une incompétence notoires ». Le parti estime que cette augmentation est imposée « au mépris total de la réalité quotidienne des citoyens », traduisant, selon lui, « un abandon systématique du peuple à ses misères ».

Dans son analyse, le GBP dénonce également une logique économique qu’il juge injuste et déséquilibrée. Il pointe du doigt « une pratique récurrente et inique » où, selon ses termes, lorsque les prix mondiaux baissent, « les gouvernements haïtiens maintiennent les prix à la hausse au profit exclusif d’une minorité », mais « s’empressent de pénaliser la population à la moindre fluctuation internationale ». Cette critique s’inscrit dans une remise en cause plus large de la gestion des ressources publiques et des priorités gouvernementales.
Le parti va plus loin en opposant cette décision à la gravité de la situation sécuritaire dans le pays. Il juge « révoltant » que le gouvernement concentre ses efforts sur cette augmentation alors que « le massacre atroce perpétré au même moment à Jean-Denis, dans le département de l’Artibonite » aurait fait de nombreuses victimes. Selon le GBP, « environ une centaine de nos compatriotes ont été froidement assassinés », pendant que l’État « s’occupe de taxes », laissant des familles « jetées sur les routes de l’exil intérieur ».
Face à cette situation, le GBP appelle à des mesures urgentes en faveur des plus vulnérables. Il exige « une considération spéciale et immédiate pour la situation des plus pauvres » et avertit que sans réponses rapides, « le pays sera, à coup sûr, le théâtre d’une émeute de la faim dont la violence pourrait atteindre des sommets imprévisibles ». Dans ce contexte tendu, le parti exhorte les autorités à revoir leur politique et à assumer pleinement leurs responsabilités envers la population.
En conclusion, le GBP rappelle qu’« un gouvernement responsable a pour mission de diriger, de prévoir, d’administrer et, par-dessus tout, de veiller aux intérêts supérieurs de la population ». Il appelle ainsi les dirigeants à « accorder enfin du sérieux à la gestion de la chose publique » et à s’attaquer aux défis majeurs du pays. « Haïti vit ses grands malheurs, la solution sera haïtienne ou ne sera pas », conclut le document signé par le secrétaire général, le Dr Bethel Petit-Maître.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
