Thérèse Longchamp soupçonnée d’avoir vendu des visas à 2 000 dollars à des Colombiens non résidents de la République dominicaine
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Les Colombiens soupçonnés dans l’assassinat du président Jovenel Moïse auraient payé 2 000 dollars américains chacun pour recevoir leur visa afin d’entrer en Haïti, sans résider légalement en République dominicaine.
Selon deux sources diplomatiques qui étaient en mission en République dominicaine à l’époque, il y a 5 points qui sont les seuls autorisés à délivrer des visas aux personnes vivant légalement sur le territoire dominicain. Thérèse Longchamp, épouse de l’ancien député Benoît Laguerre, était consule générale à Barahona, l’un de ces 5 points, et aurait autorisé la délivrance de visas à des Colombiens pour 2 000 dollars américains chacun. À cette époque, Smith Augustin était ambassadeur d’Haïti en République dominicaine. Ce dernier est convoqué pour le 29 juin par le juge Cyprien Jean F. Denis Pierre, chargé du dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Il faut rappeler que Thérèse Longchamp a été rappelée par l’ancienne ministre Dominique Dupuy l’année dernière après plus de 15 ans passés à Barahona et n’a, jusqu’à présent, fait l’objet d’aucune convocation du juge.

Selon les informations communiquées par la Police nationale d’Haïti après l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, le commando responsable de l’attaque était composé de 28 personnes, soit 26 ressortissants colombiens et 2 Américains d’origine haïtienne, identifiés comme James Solages et Joseph Vincent. Les autorités ont annoncé l’arrestation de 17 suspects, dont 15 Colombiens et les 2 Américains, tandis que plusieurs autres membres du groupe ont été tués ou recherchés. Selon les autorités colombiennes, au moins six des Colombiens impliqués étaient d’anciens militaires.
La police haïtienne a affirmé avoir retrouvé une partie des assaillants près de la résidence présidentielle à Pétion-Ville et a indiqué poursuivre ses investigations afin d’identifier non seulement les auteurs matériels du crime, mais aussi les commanditaires de l’opération qui a coûté la vie au président Jovenel Moïse et grièvement blessé son épouse, Martine Moïse.
Il faut rappeler que près de cinq ans après les faits, plusieurs suspects, dont les ressortissants colombiens arrêtés dans le cadre de ce dossier, sont toujours détenus en Haïti sans jugement définitif. Pendant ce temps, aux États-Unis, plusieurs accusés impliqués dans la même affaire ont déjà plaidé coupable ou ont été condamnés par la justice américaine, mettant en évidence les importantes différences de progression entre les procédures judiciaires menées dans les deux pays.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
