Marc-Elie Nelson lance un séminaire stratégique pour ancrer la protection sociale dans les finances publiques
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Port-au-Prince, le 30 juin 2026 – Le gouvernement haïtien a officiellement lancé, ce mardi à l’hôtel Karibe, un séminaire consacré à l’institutionnalisation budgétaire de la Politique nationale de protection et de promotion sociales (PNPPS). Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de faire de la protection sociale un pilier durable des politiques publiques.
En ouvrant les travaux, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a rappelé que la protection sociale ne devait plus être considérée comme une simple réponse aux crises, mais comme un droit fondamental, un investissement dans le développement humain et un levier de réduction de la pauvreté et des inégalités.
Le ministre a souligné que la PNPPS, adoptée en 2020, doit désormais bénéficier d’un financement stable et prévisible afin d’assurer sa pérennité. Pour y parvenir, le gouvernement entend intégrer cette politique dans les mécanismes nationaux de planification et dans les futurs budgets de l’État, notamment à travers le Plan d’action triennal 2026-2029.
Parmi les expériences jugées concluantes, Marc-Elie Nelson a mis en avant le programme Klere Chimen, qui combine des transferts monétaires avec un accompagnement des familles dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’éducation financière et du renforcement de leur résilience. Selon lui, cette initiative constitue une base solide pour bâtir un programme national intégré de protection sociale, appelé à être progressivement étendu sur l’ensemble du territoire.
Le ministre a également évoqué les enseignements tirés du Programme d’Urgence Multisectoriel d’Apaisement et de Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables, mis en œuvre sous la coordination du MAST avec plusieurs institutions publiques. Ce dispositif a permis de soutenir des milliers de personnes vulnérables grâce à des transferts monétaires, une assistance alimentaire, des restaurants communautaires, des distributions de kits ainsi que des travaux à haute intensité de main-d’œuvre. Il a surtout démontré, selon le ministre, qu’une meilleure coordination entre les institutions et un financement assuré en partie par le Trésor public pouvaient renforcer l’efficacité des politiques sociales.

L’un des principaux objectifs du gouvernement est désormais de réduire la fragmentation des programmes sociaux, en harmonisant les mécanismes de ciblage des bénéficiaires, les systèmes de paiement, le suivi des interventions et la coordination entre les différents acteurs. Dans cette perspective, le Système d’information du Ministère des Affaires sociales et du Travail (SIMAST) est appelé à devenir le registre social de référence du pays.
Le ministre a insisté sur le fait que l’institutionnalisation budgétaire ne consiste pas uniquement à mobiliser davantage de ressources, mais surtout à mieux planifier les dépenses, coordonner les financements disponibles et orienter les investissements vers des programmes nationaux durables. Parmi les pistes évoquées figurent la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration des recettes de l’État, l’extension des mécanismes d’assurance sociale, une meilleure coordination de l’aide internationale ainsi que le recours à des financements innovants.
Tout en réaffirmant le rôle moteur du MAST, Marc-Elie Nelson a lancé un appel à une collaboration renforcée entre le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de la Planification, les autres ministères sectoriels, les organismes de sécurité sociale ainsi que les partenaires techniques et financiers afin d’élaborer une feuille de route commune.
À travers ce séminaire, les autorités espèrent poser les bases d’un système de protection sociale plus cohérent, mieux financé et capable d’offrir, de manière progressive, un accès plus équitable, plus régulier et plus durable aux services sociaux pour l’ensemble de la population haïtienne.
Par SANON MARC-ANTOINE
Journaliste, et amoureux de la sagesse selon sa plume.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
