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111 Haïtiens expulsés des États-Unis vers le Cap-Haïtien : jusqu’à quand les déportations se poursuivront-elles malgré la crise qui secoue le pays ?

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Un nouveau vol de déportation en provenance de Miami, en Floride, a atterri, ce jeudi après-midi 16 juillet 2026, à l’aéroport international du Cap-Haïtien. À son bord se trouvaient 111 migrants haïtiens, sur une liste initiale de 130 personnes, selon Delva Bonheur Négot, responsable de l’Office national de la migration (ONM).

Les autorités haïtiennes précisent que parmi les personnes rapatriées figurent plusieurs individus ayant des antécédents criminels. Comme à chaque opération de ce type, les services compétents ont procédé aux vérifications d’usage dès leur arrivée sur le territoire.

Ces expulsions s’inscrivent dans la politique migratoire appliquée par l’administration du président Donald Trump, qui poursuit les renvois de ressortissants étrangers en situation irrégulière ou visés par des décisions d’expulsion.

Mais ces retours forcés continuent de susciter de vives réactions au sein des organisations de défense des droits des migrants.

Des migrants haïtiens descendent d’un avion à l’aéroport international du Cap-Haïtien, ce jeudi 16 juillet 2026, après un vol de déportation en provenance de Miami. Selon l’Office national de la migration (ONM), 111 personnes ont été rapatriées

Pour Savi Arvey, responsable de l’organisation Refugee and Immigrant Rights, rattachée à Human Rights First, ces déportations ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité actuelle d’Haïti. Selon lui, renvoyer des personnes dans un pays confronté à une crise sécuritaire et humanitaire aussi profonde expose certains d’entre eux à des risques importants.
Cette nouvelle vague de rapatriements soulève plusieurs interrogations.

Comment des personnes renvoyées après plusieurs années passées aux États-Unis pourront-elles se réinsérer dans un pays où l’emploi se fait rare, où de nombreuses familles ont été déplacées par les violences et où l’insécurité continue de perturber la vie quotidienne ? Les autorités haïtiennes disposent-elles des moyens nécessaires pour accueillir, accompagner et réintégrer ces citoyens ?

Une autre question revient régulièrement : les expulsions vers Haïti prennent-elles suffisamment en compte la dégradation de la situation sécuritaire décrite par de nombreuses organisations internationales ?

Pour plusieurs observateurs, la question migratoire ne peut être dissociée des difficultés auxquelles fait face Haïti. Tant que l’insécurité, la pauvreté, le manque d’opportunités économiques et l’instabilité politique persisteront, de nombreux Haïtiens continueront de chercher un avenir ailleurs, souvent au prix de grands sacrifices.

Pendant ce temps, les vols de déportation se poursuivent. Derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes qui reviennent dans un pays qu’ils avaient quitté avec l’espoir d’une vie meilleure. Pour beaucoup, le véritable défi commence après l’atterrissage : reconstruire leur existence dans un contexte où les perspectives demeurent extrêmement limitées.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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