Enfants recrutés, femmes exploitées : le MAST lance un plan d’urgence et crée un fonds spécial contre la traite des personnes
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Face à une réalité qui continue de toucher les populations les plus vulnérables, le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) a annoncé, ce mercredi 29 juillet 2026, une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre la traite des personnes en Haïti.
Le ministre Marc-Élie Nelson a reçu les membres du Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP), conduits par son président, Me André Ibréus, et son vice-président, Hector Bedy Nicolas, pour une séance de travail consacrée à l’état d’avancement des actions menées dans ce domaine.
Au cours des échanges, les représentants du comité ont rappelé que la traite des personnes demeure un problème majeur en Haïti. Les enfants victimes du système de « restavèk », le recrutement forcé de mineurs par des groupes armés, le travail forcé ainsi que la traite transfrontalière figurent parmi les principales préoccupations évoquées.
Les participants ont également fait le point sur le cadre légal existant, notamment la loi du 30 avril 2014 sur la lutte contre la traite des personnes et les engagements internationaux pris par Haïti à travers le Protocole de Palerme.

Pour répondre à ces défis, le MAST entend accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes 2025-2035, publiée au journal officiel Le Moniteur à la fin de l’année 2025.
À l’issue de la rencontre, trois mesures prioritaires ont été annoncées. Le ministère prévoit de renforcer le fonctionnement du Comité national, de lui accorder davantage de ressources financières pour exécuter son plan d’action et de créer un fonds spécial destiné à soutenir durablement les activités de prévention, de protection des victimes et de prise en charge.
Le ministre Marc-Élie Nelson a estimé que la lutte contre la traite des personnes exige une mobilisation constante des institutions publiques ainsi que des partenaires nationaux et internationaux, rappelant que ce phénomène constitue une grave atteinte aux droits fondamentaux.
Si ces annonces traduisent une volonté de renforcer les mécanismes existants, plusieurs défis restent à relever. Dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements forcés de population et la précarité économique, les femmes et les enfants demeurent particulièrement exposés aux réseaux de traite et d’exploitation.
La mise en place de nouvelles structures et de nouveaux financements suffira-t-elle à améliorer la protection des victimes ? Les moyens annoncés permettront-ils de renforcer les enquêtes, les poursuites judiciaires et l’accompagnement des personnes concernées ? Autant de questions qui accompagneront la mise en œuvre de ce plan d’action dans les prochains mois.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
