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ONA : Lovely François au cœur d’une nouvelle crise après le départ forcé de près de 300 employés

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L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), l’une des plus importantes institutions financières et sociales du pays, traverse une zone de fortes turbulences. En l’espace de quelques jours, les accusations se sont multipliées contre la Direction générale de Lovely François, tandis que les syndicats annoncent un durcissement de leur mouvement après la mise à la retraite de près de 300 employés.

Réunis autour de l’« Accord du 25 juillet », les syndicats SE-ONA, VTO-A et SYNOPONA dénoncent une décision qu’ils jugent arbitraire. Selon eux, plusieurs employés comptant parfois plus de trente ans de service ont été contraints de quitter l’institution sans explication détaillée sur les critères retenus. Ils soutiennent également que certains dossiers ne respecteraient pas les conditions prévues par la loi en matière de pension.

Les représentants syndicaux vont plus loin. Ils redoutent que les postes ainsi libérés servent à favoriser des nominations politiques.

Cette nouvelle crise s’ajoute à une série de controverses qui secouent l’ONA depuis plusieurs mois. Des observateurs remettent en question le choix de Lovely François à la tête de l’institution, estimant que son parcours ne l’avait pas préparée à diriger un organisme chargé de gérer les cotisations et les pensions de milliers de travailleurs haïtiens. Son directeur de cabinet, Guichard Doré, est lui aussi critiqué par certains secteurs en raison de son passage dans de précédentes administrations, un parcours que ses détracteurs associent à plusieurs épisodes controversés.

Pour les employés, le malaise dépasse la question des départs à la retraite. Beaucoup dénoncent un climat de travail détérioré et disent craindre que l’ONA perde progressivement son expertise en écartant des cadres expérimentés ayant consacré une grande partie de leur carrière à l’institution.

Face à cette montée des tensions, les syndicats préviennent qu’ils pourraient fermer les portes de l’ONA si leurs revendications ne sont pas entendues. Ils réclament la suspension des décisions contestées, la publication des critères ayant conduit aux mises à la retraite et la création d’une commission indépendante chargée d’examiner les dossiers.

Au-delà du conflit social, cette affaire ravive les inquiétudes sur la gouvernance de l’ONA. Alors que cette institution est censée garantir la sécurité sociale de milliers de travailleurs et de retraités, les controverses se succèdent sans qu’aucune clarification officielle n’ait été apportée.

Pourquoi près de 300 employés ont-ils été poussés vers la retraite sans que les critères de sélection soient rendus publics ? Pourquoi la Direction générale garde-t-elle le silence face aux accusations répétées des syndicats ? Et comment une institution chargée de protéger les travailleurs peut-elle espérer préserver la confiance des assurés si la transparence et le dialogue continuent de faire défaut ?

Par Sanon Marc-Antoine

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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