Petit-Goâve sous le choc : accusé sans jugement de vol de moto, Nojan Bazil a été torturé, brûlé et enterré
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La commune de Petit-Goâve (Tigwav) est sous le choc après la mort particulièrement violente de Nojan Bazil, un jeune homme de la localité. Les faits se seraient produits le 30 juillet 2026, dans la 4e section communale de Lozier. Selon plusieurs témoignages, un simple soupçon lié à la disparition d’une moto aurait précédé son supplice.
D’après les informations recueillies, tout aurait commencé vers 8 heures du matin, après le signalement de la disparition d’une moto dans le secteur. Des individus auraient découvert une veste à proximité de l’endroit où le véhicule avait disparu. Convaincus que ce vêtement appartenait à Nojan Bazil, ils se seraient rendus à son domicile pour le confronter.
La situation aurait alors basculé dans une violence extrême.
Selon les témoignages disponibles, Nojan Bazil aurait été violemment battu et torturé. Il aurait ensuite été brûlé avant que son corps ne soit enterré dans une fosse creusée sur place.
À ce stade, aucune information disponible ne permet d’établir qu’une enquête officielle avait identifié Nojan Bazil comme responsable de la disparition de la moto. Aucun élément judiciaire connu ne permet non plus de déterminer les circonstances exactes ayant conduit à sa mise en cause.
Sa mort laisse aujourd’hui une famille endeuillée et une communauté profondément marquée. L’inquiétude s’étend également aux proches de la victime. Son père et sa belle-mère, qui vivent toujours à Lozier, affirment faire l’objet de menaces après les faits.
Ces allégations rendent d’autant plus urgente l’intervention des autorités. La famille demande que sa sécurité soit garantie et que les circonstances de la mort de Nojan Bazil soient établies par une enquête.
Plusieurs questions restent sans réponse. À qui appartenait réellement la veste retrouvée ? Quels éléments ont conduit les individus concernés à soupçonner Nojan Bazil ? Qui a participé aux violences ? Pourquoi le jeune homme n’a-t-il pas été remis à la police si des accusations pesaient contre lui ?

Des habitants appellent désormais la Police nationale d’Haïti et les autorités judiciaires à intervenir dans la 4e section communale de Lozier. Ils réclament l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les personnes impliquées, de déterminer les responsabilités et de protéger les proches de la victime qui disent être menacés.
La mort de Nojan Bazil remet également en lumière les conséquences dramatiques de la justice populaire. Un soupçon, aussi grave soit-il, ne constitue pas une condamnation. Seule une enquête peut établir les faits et seule la justice peut déterminer la responsabilité d’une personne.
À Petit-Goâve, une famille attend désormais des réponses. Elle réclame que la mort de Nojan Bazil ne reste pas impunie et que ceux qui en sont responsables, une fois identifiés par la justice, répondent de leurs actes.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
