Transparence électorale : Me Lacks-Guvens Cadette alerte sur la suppression de plusieurs mécanismes de contrôle des finances du CEP
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À quelques mois des prochaines échéances électorales en Haïti, la question de la transparence dans la gestion des fonds du Conseil électoral provisoire (CEP) suscite déjà des préoccupations. Me Lacks-Guvens Cadette met en garde contre les changements apportés au cadre régissant les finances de l’institution électorale.
À travers son compte X, ce samedi 1er août 2026, le juriste a attiré l’attention sur la suppression de plusieurs dispositions qui encadraient auparavant l’utilisation, le contrôle et la transparence des ressources financières du CEP.
Selon Me Cadette, la différence entre le décret électoral de 2015 et celui du 2 juin 2026 est importante. Le texte de 2015 consacrait sept articles au régime financier et budgétaire du CEP. Dans le nouveau décret, cette question serait désormais traitée dans un seul article, l’article 54.

Pour le juriste, cette réduction soulève un problème de fond. Il affirme que le nouveau dispositif ne prévoit plus de manière explicite certaines obligations en matière de transparence, de reddition de comptes et de contrôle des finances du CEP.
« La suppression des dispositions relatives à l’utilisation, au contrôle et à la transparence des finances du Conseil Électoral Provisoire (CEP) est préoccupante et de nature à susciter des interrogations légitimes sur la transparence », écrit-il.
Me Lacks-Guvens Cadette qualifie cette évolution de « régression normative ». Selon lui, l’affaiblissement des mécanismes de contrôle pourrait augmenter les risques de mauvaise gestion des deniers publics et rendre plus difficile l’établissement des responsabilités en cas d’irrégularités.
Il va plus loin en évoquant le risque d’une « impunité institutionnelle incompatible avec les principes de l’État de droit ».
Cette prise de position intervient alors que la crédibilité du processus électoral constitue un enjeu majeur pour Haïti. Au-delà de l’organisation matérielle des élections, la manière dont les ressources publiques et les financements consacrés au scrutin sont administrés représente également un élément essentiel de confiance.
Pour Me Cadette, les autorités doivent donc garantir des mécanismes permettant de prévenir les dérives financières avant qu’un scandale ne vienne fragiliser davantage le processus.
« Il appartient aux autorités de garantir un processus électoral crédible, de prévenir tout scandale de corruption et d’éviter une nouvelle crise post-électorale », insiste-t-il.
Son intervention place ainsi la gestion financière du CEP au centre du débat. Elle soulève plusieurs interrogations sur les mécanismes qui permettront de vérifier les dépenses électorales, de contrôler l’utilisation des fonds et d’assurer une véritable reddition de comptes.
À mesure que les échéances électorales approchent, les autorités et le CEP pourraient être appelés à apporter des réponses précises sur ces garanties. Dans un pays marqué par des crises électorales répétées et une profonde défiance envers les institutions publiques, la transparence dans l’utilisation des fonds électoraux pourrait peser directement sur la confiance accordée au prochain scrutin.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
