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Assassinat de Jovenel Moïse : résolution du CSPJ, le rôle institutionnel du juge Noé Pierre Louis Massillon et des autres signataires doit être éclairci

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Les interrogations entourant la résolution du 6 février 2021 ne peuvent rester sans réponse. Les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) qui l’ont adoptée et signée doivent être entendus par les autorités judiciaires compétentes afin d’expliquer les circonstances de son élaboration, son fondement juridique, les discussions ayant précédé son adoption et les objectifs poursuivis.

Louis Pressoir Jean-Pierre, Noé Pierre Louis Massillon, Chenet Jean-Baptiste, Durin Jr Duret et Nadert Désir apparaissent comme signataires du document. Leur audition ne signifie pas qu’ils sont coupables ou impliqués dans l’assassinat de Jovenel Moïse. Elle permettrait à la justice de déterminer précisément leur rôle dans cette décision institutionnelle prise cinq mois avant le meurtre du président.

Résolution du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), datée du 6 février 2021, sur l’échéance du mandat constitutionnel du président Jovenel Moïse. Le document porte les signatures de cinq membres du CSPJ, dont le juge Noé Pierre Louis Massillon.

Noé Pierre Louis Massillon, qui siège encore au CSPJ, devrait notamment expliquer pourquoi il avait apposé sa signature sur cette résolution, sur quelle base juridique il considérait que le CSPJ avait compétence pour intervenir dans la controverse entourant la durée du mandat présidentiel et dans quelles conditions cette position avait été adoptée.

L’absence de la signature de René Sylvestre, alors président du CSPJ, constitue également un élément qui mérite d’être éclairci. Pourquoi le président de l’institution n’avait-il pas signé un document présenté comme une résolution du CSPJ ?

La justice doit pouvoir reconstituer toute la chaîne des événements ayant précédé l’assassinat du 7 juillet 2021. Cela implique d’enquêter sur les auteurs matériels, les commanditaires présumés et les financiers du complot, mais également d’entendre les responsables institutionnels dont les décisions ont contribué à la crise politique et constitutionnelle qui secouait le pays en 2021.

Cinq ans après, ces questions ne peuvent être écartées. Entendre les signataires permettrait de confronter leurs explications aux autres éléments de l’enquête et de déterminer, sur la base des faits et des preuves, si cette résolution relevait uniquement d’une prise de position institutionnelle ou si certains éléments justifient des investigations judiciaires supplémentaires.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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