Élections en Haïti : neuf groupements politiques contestent le décret électoral et alertent sur l’exclusion de millions d’électeurs
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Neuf groupements politiques ont adressé une note collective au Conseil électoral provisoire, CEP, pour exprimer leurs réserves sur la gouvernance politique et le processus électoral en cours. Le document, daté du 19 août 2026 à Pétion-Ville, appelle à des mesures immédiates pour garantir des élections crédibles, inclusives et transparentes.
Les signataires estiment que le pouvoir exécutif de transition ne garantit pas suffisamment la neutralité des opérations électorales. Ils redoutent notamment l’utilisation des ressources humaines, financières, matérielles et logistiques de l’État au profit d’un camp politique.

« Nul ne peut être juge et partie dans une même compétition électorale », rappellent-ils. Ils demandent au CEP d’empêcher toute intervention du pouvoir susceptible de favoriser un parti, un candidat ou un groupement politique.
Le décret électoral au cœur des critiques
Les acteurs politiques expriment également de sérieuses réserves sur le décret électoral. Ils s’interrogent sur sa conformité à la Constitution, sa cohérence juridique et son application concrète.
Ils réclament un examen approfondi de toute disposition susceptible de soulever un doute sur sa constitutionnalité avant la poursuite des opérations électorales. Selon eux, la légitimité des prochaines autorités ne peut reposer sur un cadre juridique contesté.
La note dénonce aussi le processus d’inscription et d’enregistrement des électeurs. Les signataires craignent que des millions de citoyens soient écartés du scrutin annoncé, faute d’inscription dans les délais prévus.
Ils demandent au CEP d’utiliser une liste électorale correspondant à la base de données de l’Office national d’identification, ONI, tout en y ajoutant les citoyens ayant récemment atteint l’âge de la majorité.
Ils avertissent qu’un scrutin organisé avec un faible taux d’inscription ne pourrait pas bénéficier d’une pleine légitimité démocratique. Ils demandent également que la situation des déplacés internes ne serve pas à justifier une élection excluant une partie importante de la population.
Note collective adressée au Conseil électoral provisoire par neuf groupements politiques, le 19 août 2026, pour réclamer des garanties sur la neutralité, l’inclusion et la transparence du processus électoral.
Les groupements politiques appellent le CEP à démontrer son indépendance à l’égard du pouvoir exécutif. Ils souhaitent que cette autonomie soit visible et vérifiable durant toutes les étapes du processus électoral.
Parmi leurs principales demandes figurent la neutralité des opérations, l’égalité de traitement entre les acteurs politiques, l’interdiction d’utiliser les ressources publiques à des fins partisanes et l’instauration d’un dialogue permanent avec les forces politiques.
La note mentionne les représentants suivants :
Dr Charles Yvon Castillon, pour Anfòs Pou Sove Lonè.
Diego Pierre, pour COPPOS-Haïti et alliés.
Phito Lafleur, pour Debout Citoyen.
Wuilson Joseph, pour Debout Patriotes.
Franky Exius Pierre, pour Delivrans.
Me Iswick Théophin, pour Grand.
Michel Legros, pour Myèl.
Drios Jean-Charles, pour Platfòm Rekonsilye.
Charlot Murat, pour Sol Ayiti.
Le document porte également la signature de Salvatory R. St Victor pour son authentification. Ayiti Transfòme et Kapab figurent sur la liste, mais les espaces réservés à leurs représentants et à leurs signatures sont vides sur la copie transmise.
Les signataires invitent le CEP à ouvrir rapidement un dialogue sur les conditions nécessaires à la tenue du scrutin. Ils préviennent qu’un processus contesté pourrait provoquer une nouvelle crise politique après les élections.
Djovany Michel
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
