Kenscoff : au moins 13 morts lors d’une attaque armée, Alix Didier Fils-Aimé prépare des élections mort-nées sous les balles
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A resident of Delmas commune in Port-au-Prince shows bullet casings reportedly fired by armed people during a overnight clashes to remove barricades blocking roads, November 1, 2019. (Photo by Valerie Baeriswyl / AFP)
Une nouvelle attaque attribuée à la coalition armée Viv Ansanm aurait fait au moins 13 morts à Kenscoff. Ce bilan provisoire repose sur des informations et des images diffusées sur les réseaux sociaux. Il pourrait encore s’alourdir.
Parmi les victimes figurerait un enfant âgé de 13 à 14 ans. Il aurait péri dans l’incendie d’une maison attaquée par des hommes armés. Plusieurs autres habitations auraient également été incendiées durant cette nouvelle offensive.
Les recherches se poursuivraient dans les zones touchées. Le nombre exact de victimes et l’étendue des dégâts restent à confirmer par les autorités compétentes.
Pendant ce temps, l’État échoue à protéger la population. Des familles sont massacrées, des maisons partent en fumée et des communes entières vivent sous la menace des groupes armés. Les autorités multiplient les déclarations, mais les attaques continuent.
À Kenscoff, la population n’attend plus de promesses. Elle réclame des opérations capables de protéger les habitants, de reprendre les territoires contrôlés par les groupes armés et de traduire les responsables devant la justice.
Malgré cette situation, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé poursuit ses préparatifs électoraux. Il veut conduire le pays vers les urnes alors que des citoyens tombent sous les balles et que plusieurs zones échappent encore au contrôle de l’État.
Une élection ne se limite pas à publier un calendrier, à enregistrer des partis et à mobiliser des fonds. Les électeurs doivent pouvoir circuler, s’inscrire, faire campagne et voter librement. Les candidats doivent également pouvoir accéder aux différentes circonscriptions sans négocier avec des groupes armés.
Sans sécurité, aucune compétition électorale crédible ne peut avoir lieu. Organiser des élections sous la domination des gangs exposerait le scrutin aux intimidations, aux déplacements forcés et au contrôle armé des territoires.
Le sang coule à Kenscoff. Pourtant, le pouvoir prépare les élections comme si le pays fonctionnait normalement. Alix Didier Fils-Aimé ignore sa mission principale, celle de rétablir la sécurité, et prépare des élections mort-nées dans un pays livré aux groupes armés. Avant de conduire la population aux urnes, il doit d’abord garantir son droit le plus élémentaire, celui de rester en vie.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
