Kenscoff : DELIVRANS dénonce l’échec du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé face à une nouvelle tragédie sécuritaire
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Le groupement politique DELIVRANS exprime sa colère après la mort de près d’une cinquantaine de personnes à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août 2026. Dans une note de presse publiée le 24 août, il dénonce l’incapacité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à protéger la population et remet en question la perspective d’élections dans un pays où les conditions minimales de sécurité ne sont toujours pas réunies.
Dans sa note, DELIVRANS dénonce une nouvelle tragédie qui, selon lui, ne peut plus être considérée comme un simple épisode de la crise sécuritaire. Le groupement partage la douleur des familles endeuillées, notamment celle d’une mère qui aurait perdu quatre de ses enfants au cours d’une même soirée. Face à l’ampleur du drame, DELIVRANS fustige les autorités locales qui laissent des citoyens mourir sous la menace des gangs armés et qui semble incapable de garantir leur protection.

La proximité de Kenscoff avec le pouvoir rend, aux yeux du groupement, cette situation encore plus scandaleuse. À quelques kilomètres seulement de la résidence du Premier ministre, des citoyens sont tués alors qu’il prétend mobiliser d’importantes ressources pour combattre l’insécurité. DELIVRANS s’attaque directement à ce qu’il considère comme l’échec des politiques sécuritaires : « Des millions de dollars sont dépensés au nom de la sécurité, sans que les populations ne bénéficient d’une amélioration réelle de leur situation. » Pour le groupement, le contraste entre les moyens annoncés et l’absence de résultats sur le terrain devient difficilement défendable.
DELIVRANS élargit également sa critique à la situation générale du pays. Routes bloquées ou impraticables, circulation entravée et principal aéroport international toujours fermé aux vols internationaux : autant d’éléments qui, selon le groupement, rendent illusoire toute prétention à un retour rapide à la normale. Dans ce contexte, il pose frontalement la question de la crédibilité du processus électoral : « Comment peut-on parler sérieusement d’élections alors que la sécurité des citoyens, la libre circulation et les conditions minimales d’un processus électoral ne sont pas garanties ? » Pour DELIVRANS, organiser des élections dans ces conditions reviendrait à demander à une population exposée à la violence de participer à un processus dont les garanties de base ne sont pas assurées.
Le groupement dirigé par Pierre Franky Exius appelle donc le gouvernement à cesser de traiter la sécurité comme une question secondaire et à en faire une priorité absolue. Il refuse surtout que la tragédie de Kenscoff soit rapidement reléguée au rang de fait divers parmi tant d’autres. « Kenscoff ne doit pas devenir un simple épisode de plus dans la longue liste des tragédies nationales », prévient DELIVRANS, avant de résumer sa position dans une formule sans détour : « Avant de parler d’élections, il faut d’abord permettre au peuple de vivre. Avant de solliciter son vote, il faut protéger sa vie. » Pour le groupement, aucune échéance électorale ne peut justifier que la protection de la population soit reléguée derrière la conservation ou le maintien du pouvoir.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
