Forfaits perdus, réseau médiocre : Jean-Philippe Brun face à la colère des clients de Digicel
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Depuis environ une semaine, les abonnés de Digicel en Haïti sont confrontés à un service Internet devenu particulièrement instable. La connexion coupe, revient, recoupe et entre deux brèves réactivations du réseau, le client se retrouve avec son téléphone en main, son forfait payé et une connexion qui refuse de fonctionner.
Le problème ne réside pas uniquement dans la panne du réseau. Le véritable scandale est que le compteur, lui, ne s’arrête jamais. Le client achète son forfait Internet, paie et s’attend légitimement à pouvoir utiliser les mégaoctets acquis. Or, lorsque le réseau disparaît pendant des heures, les jours passent et la validité des forfaits continue d’expirer.
Pour beaucoup de personnes qui travaillent via leur téléphone, vendent en ligne, communiquent avec leurs proches ou dépendent d’Internet pour leurs activités quotidiennes, une panne ne constitue pas un simple désagrément. C’est du temps perdu, des activités paralysées et, parfois, une perte financière directe.
Et lorsque le réseau finit par montrer un signe de vie en 4G, le client reçoit parfois un message qui ressemble davantage à une mauvaise blague qu’à une véritable solution. Les frais payés ne sont pas récupérés. Les heures perdues ne sont pas compensées.
Le 23 septembre 2026, Digicel a expliqué que deux pannes sur son infrastructure internationale de fibre optique perturbaient le service. Le 24 septembre, son directeur général, Jean-Philippe Brun, a annoncé le rétablissement des services et indiqué qu’une compensation serait mise en place pour les clients touchés.
Mais justement : quelle compensation ? Quand ? Pour qui ? Et sous quelle forme ?
Combien de temps les clients devront-ils encore payer le prix fort pour un service qui ne fonctionne que par intermittence ?
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
