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Haïti/Sécurité : la FRG prolongée jusqu’en 2027, les résultats sur le terrain restent attendus

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Le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) est prolongé jusqu’au 31 mars 2027. Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé ce mardi 29 septembre 2026 cette prorogation par 12 voix, avec trois abstentions. Une nouvelle échéance qui donne davantage de temps à cette force internationale, mais qui ravive surtout une question devenue difficile à éviter en Haïti. En effet, quels résultats concrets peut-on attendre sur le terrain ?

Les premiers éléments de la FRG sont arrivés à Port-au-Prince le 1er avril 2026. Ses opérations ont officiellement commencé le 1er juin, avec des patrouilles et une première opération ciblée à Tabarre le 21 juin. Près de quatre mois après le début des opérations, les gangs continuent pourtant de contrôler de larges portions de la capitale et d’étendre leur présence vers d’autres régions. Soulignons que le bilan humanitaire reste lourd avec près de 1,5 million de personnes déplacées à travers le pays, selon l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM).

La situation pose d’autant plus question que la FRG avait été présentée comme une force dotée d’un mandat plus robuste que la précédente mission multinationale. Son objectif est notamment de neutraliser, isoler et dissuader les groupes armés, de reprendre le contrôle des territoires et de sécuriser des infrastructures essentielles. Pourtant, le déploiement reste très inférieur à l’effectif autorisé de 5 500 hommes. Au moment du dernier point disponible auprès de l’ONU, environ 1 500 personnels étaient déployés.

Dès lors, une autre question mérite d’être posée. Si les résultats restent aussi limités, qu’est-ce qui empêche réellement la FRG de remplir pleinement son mandat ? Est-ce le manque d’effectifs, les difficultés logistiques, les moyens disponibles, la coordination avec les forces haïtiennes ou les conditions dans lesquelles les opérations sont conduites ? Le gouvernement haïtien lui-même a reconnu devant le Conseil de sécurité que l’écart entre les 5 500 personnels autorisés et ceux effectivement présents constituait un problème majeur, évoquant notamment des difficultés de transport stratégique pour acheminer les troupes et leurs équipements.

Soulignons également que le Premier ministre lui-même représente une menace pour le rétablissement de la sécurité du pays. Détenteur des drones, Alix Didier Fils-Aimé ne les utilise pas contre les chefs terroristes. On se souvient tous de la situation à Dumay, où la position du chef terroriste Vitelhomme Innocent à clairement été transmise.

La prolongation du mandat ne constitue donc pas, à elle seule, une réponse à la crise sécuritaire. Elle donne du temps supplémentaire à une force dont le déploiement demeure incomplet et dont les résultats doivent encore être mesurés sur des critères concrets : territoires repris, populations protégées, infrastructures sécurisées et capacité des forces haïtiennes à reprendre progressivement le contrôle du pays. Le secrétaire général de l’ONU avait lui-même insisté en juin sur la nécessité d’une action « effective » de la FRG avec la police haïtienne, alors que de larges secteurs de Port-au-Prince restaient sous contrôle des gangs.

Pour le gouvernement haïtien, cette prorogation constitue un soutien supplémentaire à ses efforts pour rétablir la sécurité. L’exécutif affirme parallèlement avoir renforcé les capacités nationales avec plus de 2 000 policiers formés et 1 500 nouveaux membres recrutés pour les Forces armées d’Haïti. Mais pour la population, l’enjeu reste beaucoup plus simple : voir la sécurité revenir réellement dans les quartiers, pouvoir circuler et rentrer chez soi. La FRG dispose désormais de plusieurs mois supplémentaires pour démontrer que sa présence peut se traduire par autre chose qu’un nouveau calendrier international.

Junior Pierre

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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