Football : l’interdiction dominicaine contraint la CONCACAF à reporter le match du Violette AC prévu au stade Cibao
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La CONCACAF a annoncé, le 18 octobre 2026, le report du match retour des demi-finales de la Coupe des Caraïbes entre le Violette Athletic Club et Portmore United, initialement prévu le 20 octobre au stade Cibao, à Santiago de los Caballeros, en République dominicaine. Cette décision fait suite au retrait de l’autorisation permettant au club haïtien de disputer la rencontre sur le territoire dominicain. Alors que la nouvelle date et le lieu du match restent à confirmer, le Vieux Tigre doit également surmonter son retard de deux buts concédé à l’aller.
Le Violette Athletic Club ne disputera pas, à la date initialement prévue, le match retour de sa demi-finale contre Portmore United. Dans un communiqué publié le dimanche 18 octobre, la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) a annoncé le report de cette rencontre, programmée pour le mardi 20 octobre au stade Cibao FC, à Santiago de los Caballeros. L’instance régionale prévoit désormais de reprogrammer le match durant la semaine du 26 octobre. La date exacte, l’heure du coup d’envoi et le lieu restent toutefois à déterminer.

Cette décision intervient après le retrait de l’autorisation précédemment accordée au club haïtien pour recevoir ses adversaires en République dominicaine. Dans une note de presse publiée le 18 octobre, le comité exécutif du Violette AC explique avoir reçu une communication de la CONCACAF l’informant que le match ne pourrait pas se jouer au stade Cibao. Selon le club, les autorités dominicaines ont annulé cette autorisation à la suite de l’annonce d’une mobilisation de l’organisation nationaliste dominicaine Antigua Orden Dominicana, opposée à la tenue de la rencontre. Le Violette précise que cette situation est survenue environ 48 heures avant le coup d’envoi, alors que les délégations des deux équipes se trouvaient déjà en République dominicaine.
Le problème dépasse désormais le cadre de cette seule demi-finale. Le gouvernement dominicain a réaffirmé sa position interdisant aux clubs et aux sélections haïtiennes d’utiliser les installations sportives du pays pour leurs rencontres. Le ministre dominicain des Sports, Kelvin Cruz, a confirmé cette décision le 18 octobre, précisant que les autorités entendaient en informer la Fédération internationale de football association (FIFA) et la CONCACAF. Cette position bénéficie du soutien du président dominicain, Luis Abinader, selon la presse locale. Elle avait été annoncée après des incidents survenus le 1er octobre au stade olympique Félix Sánchez, lors d’une rencontre entre les sélections nationales haïtienne et dominicaine.
La controverse autour de ce match international s’inscrit également dans un climat de tensions suscité par les déclarations de l’attaquant haïtien Wilson Isidor. Après la victoire d’Haïti sur la République dominicaine, sur le score de 4-1, le joueur aurait déclaré : « La Hispaniola es Haití ». Ces propos ont provoqué des réactions dans le pays voisin, notamment dans les milieux sportifs. Toutefois, les autorités dominicaines ont publiquement justifié leur décision d’interdire l’utilisation de leurs installations par les équipes haïtiennes en invoquant les incidents survenus au stade. Les éléments disponibles ne permettent donc pas d’établir que les déclarations du joueur constituent, à elles seules, la cause directe de cette interdiction.

Pour le Violette AC, cette situation représente un changement important dans une compétition où le club avait déjà utilisé le stade Cibao comme terrain d’accueil. Au cours de la phase de groupes, la formation haïtienne y avait notamment affronté Defence Force, de Trinité-et-Tobago, qu’elle avait battu 3-0 le 5 août, puis Club Sando, également trinidadien, vaincu 1-0 le 15 septembre. Ces résultats avaient contribué à son parcours remarquable : le Violette a terminé la phase de groupes avec quatre victoires en autant de rencontres et douze points, une performance qui lui a permis de prendre la première place de son groupe et de se qualifier pour les demi-finales.
Sur le plan sportif, le club haïtien aborde cette manche retour avec un déficit de deux buts. Lors de la première confrontation, disputée le 13 octobre à Sabina Park, à Kingston, en Jamaïque, Portmore United s’est imposé 3-1. Le Violette avait pourtant ouvert le score à la 39e minute grâce à Jean-Fabrice Védrine. Les Jamaïcains ont ensuite renversé la situation avec un but de Javier Brown à la 63e minute, un deuxième à la 74e, puis une troisième réalisation de Tedj Bryan dans le temps additionnel, à la 90e+5 minute. Pour espérer atteindre la finale, le Vieux Tigre devra donc combler cet écart lors du match retour, dont l’organisation demeure incertaine.
À la suite de la notification de la CONCACAF, le comité exécutif du Violette AC a annoncé avoir pris des dispositions pour rapatrier sa délégation en Haïti. Le club indique également que des discussions sont engagées avec l’instance régionale afin de trouver une solution pour la tenue de la rencontre. De son côté, la CONCACAF a confirmé le report, sans annoncer de sanction sportive contre le représentant haïtien. Le match n’est donc pas annulé et le Violette n’est pas éliminé de la compétition. L’issue de cette affaire dépend désormais de la décision qui sera prise concernant le nouveau lieu et la date de la demi-finale, dans un contexte qui pose la question des conditions d’accueil des clubs haïtiens dans les compétitions régionales.
Léandro S LÉONARD
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
