Haïti : Etzer Emile se dit misé sur la production nationale et la création de 300 000 emplois d’ici 2032
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Le candidat à la présidence Etzer Emile présente un programme économique axé sur la production nationale, la création d’emplois et la réduction de la dépendance d’Haïti aux importations. Publié sur le site officiel de sa campagne, le 31 octobre 2026, ce document fixe plusieurs objectifs à atteindre d’ici 2032, notamment la création de 300 000 emplois formels, une croissance économique annuelle de 6 à 7 %, une augmentation des exportations à 3 milliards de dollars et une aprogression des investissements directs étrangers à 700 millions de dollars par an, contre moins de 100 millions actuellement.
Parmi les mesures annoncées pour les 100 premiers jours figurent un programme de travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre devant générer 50 000 emplois temporaires, ainsi qu’un dispositif d’insertion professionnelle destiné aux jeunes. Le candidat dit prévoir également de faciliter le financement des petites et moyennes entreprises (PME), avec 5 000 projets devant bénéficier chacun d’un prêt sans intérêt d’un million de gourdes et d’un mécanisme de garantie. Il propose aussi la création d’un guichet unique permettant d’enregistrer une entreprise en ligne, avec la délivrance simultanée du numéro fiscal, de la patente et de l’immatriculation. À terme, le délai de création d’une entreprise devrait passer à 48 heures en 2032.

Le programme accorde une place importante à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche. Etzer Emile dit prévoir l’adoption d’un plan national de relance agricole, la distribution de semences certifiées et d’engrais subventionnés, ainsi que la réhabilitation de plusieurs périmètres irrigués, notamment dans l’Artibonite, la plaine du Cul-de-Sac, la plaine des Cayes, la plaine du Nord et Maribahoux. Cependant, il faut souligner que ces zones sont en grande majorité dominées par les gangs. Il annonce également des mécanismes de financement rural et d’assurance récolte, avec l’objectif de réduire de 30 % les importations alimentaires et de permettre à 300 000 producteurs d’accéder à un crédit de campagne d’ici 2032. Pour l’élevage, il propose notamment de développer les filières avicoles et laitières, tandis que des infrastructures de pêche et des installations de conservation des produits de la mer seraient construites ou modernisées.
Sur le plan industriel, le candidat envisage l’adoption d’une politique nationale autour de huit filières, dont les matériaux de construction, l’agro-transformation, le textile, les meubles, les produits pharmaceutiques génériques, l’assemblage léger et le recyclage. Son programme prévoit également quatre zones économiques spéciales dans le Nord-Est, le Nord, l’Ouest et le Sud, destinées à soutenir la production, la transformation et les exportations. Il annonce par ailleurs un programme de 15 milliards de dollars de travaux, avec des dispositions visant à favoriser l’utilisation de matériaux produits localement dans les marchés publics. L’objectif affiché est notamment de porter les exportations haïtiennes à 3 milliards de dollars par an en 2032 et de créer 150 000 emplois dans les zones économiques spéciales.
Le document aborde aussi le financement de l’économie, le commerce et les investissements de la diaspora. Etzer Emile propose notamment une Banque nationale de développement, une révision progressive des réserves obligatoires, l’encadrement du crédit-bail et de l’affacturage, ainsi que la généralisation des paiements mobiles interopérables. Il prévoit une loi sur la concurrence et la création d’une autorité indépendante chargée de surveiller les marchés stratégiques. Pour mobiliser les ressources de la diaspora, il envisage l’émission d’obligations destinées au financement de projets d’infrastructures, avec un objectif de 2,1 milliards de dollars mobilisés, dont 1,2 milliard par ce mécanisme. Le tourisme historique et culturel, l’artisanat, le sport et l’exploitation minière figurent également parmi les secteurs ciblés, avec des propositions portant notamment sur la restauration de sites patrimoniaux, la construction d’équipements et la publication des contrats miniers et des redevances.
Dans son programme, le candidat prévoit enfin de conditionner les avantages accordés aux entreprises à des résultats mesurables en matière d’emplois, de formation, de contenu local et d’exportations. Il propose notamment que 30 % des marchés publics soient attribués aux petites et moyennes entreprises haïtiennes et que l’État règle ses fournisseurs dans un délai maximal de 60 jours. Les objectifs annoncés s’étendent jusqu’en 2032 et couvrent plusieurs secteurs de l’économie nationale. Le document présente ainsi les principales orientations économiques et les engagements que le candidat entend mettre en œuvre s’il accède à la présidence.
Léandro S LÉONARD
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
