Accord Charlemagne Péralte : un appel à la rupture avec la transition et à un gouvernement de service public dès le 7 février 2026
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Face à ce qu’ils qualifient d’« effondrement de la République d’Haïti », les représentants de l’Accord Charlemagne Péralte ont rendu public, le 1er janvier 2026, un document politique appelant à une rupture nette avec la transition actuelle dirigée par le Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon les signataires, le pays vit depuis plus de quatre ans dans un chaos profond, marqué par l’insécurité généralisée, l’expansion des gangs armés et la prise en otage de l’État par des élites politiques et économiques qualifiées de « mafieuses ». Ils affirment vouloir « mettre un terme au chaos » en proposant une sortie de crise fondée sur le respect strict de la Constitution de 1987 et de l’Accord politique du 3 avril 2024.
Copie du document de l’Accord Charlemagne Péralte, publié le 1er janvier 2026.
Dans leur analyse, les signataires dénoncent les « violations systématiques » de l’Accord du 3 avril 2024 par le CPT. Ils accusent ses membres d’abuser de leurs prérogatives à des fins personnelles et d’avoir échoué dans leur mission fondamentale de stabilisation du pays. Pour l’Accord Charlemagne Péralte, cette gestion a contribué à aggraver la misère de la population et à détériorer davantage la situation politique, économique et sociale du pays. Ils rappellent avec insistance que la transition devait impérativement prendre fin le 7 février 2026 et qu’aucune prolongation n’est juridiquement ni politiquement acceptable.
« Le CPT ne peut bénéficier ni d’une extension de mandat ni de son propre échec », préviennent les signataires. Ils pointent également la tentative d’auto-amnistie qu’ils attribuent aux membres du Conseil présidentiel de transition et à certains acteurs liés à l’Accord du 3 avril 2024, notamment à travers le décret du 17 décembre 2025 portant sur l’organisation et le fonctionnement de la Haute Cour de justice. Selon eux, cette initiative vise à soustraire des responsables politiques à la rigueur de la justice et constitue une dérive grave incompatible avec les principes de l’État de droit.
L’Accord Charlemagne Péralte affirme ainsi, sans ambiguïté, que le Conseil présidentiel de transition doit quitter le pouvoir le 7 février 2026, sans exception ni arrangement politique. Les signataires estiment que toute tentative de maintien du CPT au-delà de cette date constituerait une violation de la volonté populaire et une aggravation de l’instabilité nationale. Ils réitèrent leur engagement à défendre cette position dans l’espace public et à dialoguer avec toutes les forces vives du pays qui partagent l’objectif d’un retour à la légitimité démocratique, à la sécurité et à une gouvernance responsable.