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André Michel : « Se gang li ye, kisa li pèdi la ? » une voix s’élève parmi les contestataires avant qu’il ne soit chassé d’une activité à La Boule

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Une vive tension a marqué une activité tenue à La Boule, ce jeudi 25 décembre 2025, lors de l’arrivée de l’avocat et homme politique Me André Michel. Sur place, des habitants ont exprimé une hostilité ouverte, affirmant qu’il est l’un des principaux responsables de la crise actuelle que traverse le pays. Les échanges ont rapidement pris un ton virulent, transformant l’événement en scène de confrontation verbale.

Une dame présente à l’activité n’a pas mâché ses mots. « Bon se André Michel ki t ap fòse pèp la manifeste, boule peyi a, se li k mete peyi a nan sa l ye a, epi l vin la ? André Michel pa gen dwa vin la menm. Se li k t ap fè moun boule kawoutchou, se li ki responsab, se li k te fè jèn yo konprann kanpe dèyè barikad yo se avni yo, li pa gen dwa vin la menm », a-t-elle lancé devant la foule.

La participante a poursuivi en affirmant que La Boule est une zone privée où Me André Michel n’a pas sa place. Selon elle et d’autres habitants, l’homme politique est un « bandi menm jan ak tout lòt yo », une perception qui alimente la colère et le rejet manifestés sur les lieux.

Très vite, les slogans hostiles ont envahi l’espace. « Gang ale ! André Michel se gang ou ye. Ale, gang ! », scandaient plusieurs habitants. La dame, visiblement émue et déterminée, criait encore : « Se André Michel ki mete Ayiti kote l ye a. Ale, vòlè ! Wi se André Michel ki responsab. Ale gang ! Vòlè ! ».

Dans cette ambiance surchauffée, certains lançaient : « Lè w wè yo vin la, se zafè gang yo yo vin regle… », traduisant une méfiance profonde à l’égard des acteurs politiques venus, selon eux, sans légitimité ni solutions concrètes.

Pourchassé verbalement par un groupe de personnes le qualifiant de « gang », Me André Michel a fini par réagir. Il a déclaré qu’aucun dialogue ne serait possible avec les gangs armés, tout en affirmant paradoxalement que « la seule option pour une sortie de crise c’est le dialogue ».

Interrogé pour préciser sa position, il a expliqué : « Dyalòg antre aktè politik ayisyen yo, dyalòg lidè sosyete sivil, dyalòg ak kominote entènasyonal la, men, pa gen dyalòg avèk gang yo. Se pozisyon nou depi lontan. » Et d’ajouter : « Nan sityasyon peyi a ye la, se yon sèl opsyon : se chita pou nou chita pou nou pale ansanm, men, pa gen dyalòg avèk gang yo… ». Une déclaration qui, loin d’apaiser les tensions, illustre la fracture profonde entre une partie de la population et certains leaders politiques.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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