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Assassinat de Jovenel : l’ex-président Jean-Bertrand Aristide et le chef terroriste Jimmy Chérizier dit « Barbecue » mentionnés dans des preuves

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Les procureurs américains ont présenté des preuves reliant plusieurs figures haïtiennes à l’assassinat du président Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet 2021. Parmi les noms cités, celui de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide apparaît sur une note retrouvée au domicile d’un des suspects. Selon le Miami Herald, ces documents ont été découverts après plusieurs perquisitions menées dans le sud de la Floride, à Miami et dans d’autres zones, visant des résidences et des entreprises susceptibles d’avoir participé à la planification de l’opération. Cette découverte expose l’éventuelle implication de personnalités politiques de premier plan dans le complot visant l’ex-chef de l’État haïtien.

Le président défunt Jovenel Moïse.

Le chef de gang Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », figure également dans ces documents. Les notes et schémas mentionnent son rôle présumé aux côtés d’autres acteurs clés dans le financement et la coordination logistique de l’opération. Les perquisitions en Floride ont permis de saisir des contrats, des courriels et des factures détaillant le transport, l’hébergement et l’équipement d’anciens soldats colombiens, que Chérizier aurait pu aider à intégrer au pays grâce à ses contacts à Port-au-Prince.

Le leader impliqué dans la violence en Haïti, Jimmy Chérizier, s’adressant aux médias à Port-au-Prince, Haïti, en 2021.

Les enquêteurs américains ont retrouvé un ensemble de documents financiers et de communications électroniques, incluant des contrats avec des sociétés de sécurité et d’autres entités susceptibles d’avoir soutenu l’opération. Parmi les noms cités figurent John Joël Joseph, Christian Sanon, et d’autres hommes d’affaires basés aux États-Unis. Ces preuves montrent comment des fonds ont été utilisés pour le transport, le logement et la logistique des soldats colombiens avant l’assassinat, illustrant un réseau complexe mêlant acteurs locaux et résidents de Floride dans lequel Aristide et Chérizier apparaissent.

L’ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide, cité dans l’enquête sur l’assassinat du président défunt Jovenel Moïse.

Le rôle exact d’Aristide reste flou. Son nom figure dans les notes manuscrites et les schémas financiers, mais aucune accusation formelle n’a encore été portée contre lui. Les procureurs soulignent simplement que son nom est mentionné parmi ceux d’individus ayant un rôle politique ou financier présumé dans le complot. Cette situation alimente la controverse et suscite des réactions politiques et médiatiques en Haïti, d’autant plus que d’autres documents saisis montrent l’implication d’acteurs financiers et de sociétés de sécurité américaines.

Chérizier, lui, demeure une figure centrale du dossier. Les procureurs estiment que ses liens avec les gangs et sa connaissance du terrain à Port-au-Prince ont pu faciliter le déroulement de l’assassinat. Les audiences fédérales à Miami continuent de mettre en lumière son rôle potentiel et celui des autres suspects, tandis que la justice américaine tente de démêler les responsabilités entre mercenaires étrangers, acteurs locaux et personnalités politiques cités dans les documents saisis.

Léandro S Léonard

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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