Satellite509

Journal libre, Indépendant et sans Subvention.

Bas de Bel Air : deux vieilles armes saisies par la PNH, pendant que les gangs exhibent un arsenal militaire moderne

3 min read

Une opération de sécurisation menée par la Police nationale d’Haïti (PNH) dans le quartier de Bas de Bel Air, à Port-au-Prince, a conduit à la saisie de plusieurs armes à feu et d’équipements jugés sensibles. Dans une note publiée le vendredi 30 janvier 2026, la Direction de la communication de la Police (DICOP) indique que l’intervention, menée « au cours de cette semaine », s’est déroulée notamment dans le périmètre des rues Tiremasse et Traversière, dans le cadre de la lutte contre l’insécurité armée.

Note de presse de la DICOP relative à la saisie d’armes et de munitions au Bas de Bel Air, publiée le 30 janvier 2026.

Selon la DICOP, cette opération qualifiée de « ciblée et préparée » a permis la récupération de « deux (2) armes à feu principales », à savoir « un fusil de type M14 et un fusil de calibre 12 », ainsi que « une boîte de cartouches, trois (3) chargeurs et une longue-vue ». Les forces de l’ordre ont également retrouvé « un passeport et un uniforme » sur les lieux. La police précise que « les éléments saisis ont été placés sous scellé dans l’attente des expertises » et qu’« une enquête est en cours afin de déterminer l’origine et la destination de ce matériel, ainsi que d’identifier les éventuels responsables ».

La PNH présente ces armes comme des armes de guerre, une qualification qui, d’un point de vue strictement technique, peut se justifier en ce qui concerne le fusil M14. Toutefois, cette présentation mérite d’être replacée dans le contexte sécuritaire actuel du pays. En comparant ces saisies avec l’arsenal exhibé de manière récurrente par les gangs armés, tant dans l’espace public que sur les réseaux sociaux, un contraste évident apparaît. Les groupes criminels disposent et affichent des fusils M4, AR-15 modernes, Galil et d’autres armes automatiques de dernière génération, dotées d’une puissance de feu nettement supérieure.

Cette différence entre le discours officiel et la réalité observable soulève une question de cohérence dans la communication institutionnelle. L’absence de fusils M4, devenus emblématiques de l’arsenal des gangs, contraste avec la gravité des menaces auxquelles la population est confrontée au quotidien. Dans ce contexte, une utilisation plus rigoureuse et nuancée des termes par la DICOP contribuerait à renforcer la crédibilité du message officiel.

Si la saisie réalisée à Bas de Bel Air s’inscrit effectivement dans une dynamique visant à freiner la circulation des armes illégales, la manière de la présenter demeure tout aussi importante que l’opération elle-même. Une communication plus précise, réaliste et alignée sur les faits observables apparaît essentielle pour préserver la confiance déjà fragile entre la Police nationale d’Haïti et les citoyens, dans un contexte où la crédibilité des institutions est mise à rude épreuve.

Spread the love