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Belladère : 482 migrants haïtiens rapatriés par les autorités dominicaines en deux jours

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L’Office national des migrations (ONM) a accueilli, le lundi 16 mars 2026, 291 migrants haïtiens au Centre de ressources frontalières (CRF) à Belladère, et 191 autres au matin du mardi 17 mars 2026.

Certains migrants haïtiens ont accepté de parler à notre quotidien pour dénoncer les mauvais traitements qu’ils disent subir de la part des autorités dominicaines avant d’être rapatriés chez eux en Haïti, le visage marqué par la tristesse. Najacques Poteau a même pleuré et a demandé au gouvernement haïtien de créer des emplois dans le pays afin qu’ils cessent d’aller souffrir en République dominicaine.

De l’autre côté, en République dominicaine, pour les migrants haïtiens, il n’y a ni jour ni heure. « Moi qui vous parle aujourd’hui : il était minuit lorsque les autorités dominicaines ont défoncé ma porte et sont entrées chez moi pendant que je dormais. Ils m’ont battu, m’ont fait souffrir et j’ai passé trois jours en prison avant d’être renvoyé à la frontière de Belladère, en Haïti », a témoigné Vila Scadin, originaire de Borgne. À la question de savoir s’il compte retourner à Saint-Domingue, il répond que oui, qu’il n’a pas le choix car, selon lui, Haïti n’est pas un endroit où il fait bon vivre : il n’y a ni travail, ni sécurité, etc. C’est un pays où des bandits font ce qu’ils veulent, quand ils le veulent.

Quelques Haïtiens reçus au Centre de ressources frontalières. Photo : Gulnave Mathurin.

Une fois enregistrés, femmes âgées, hommes âgés, jeunes femmes et jeunes hommes, femmes qui viennent d’accoucher et enfants de toutes sortes, au Centre de ressources frontalières de l’ONM à Carrizal, le problème des migrants n’est pas terminé. En effet, la plupart des conducteurs de moto-taxi de la zone de Belladère obligent les migrants à payer entre 2 000 et 3 000 pesos (monnaie dominicaine), voire plus, pour les transporter ailleurs.

En tout cas, cette question des expulsions, de ces rapatriements et des refoulements sanglants, qui ont lieu chaque jour à la frontière de Belladère (sauf le dimanche), a des conséquences pour toute la commune en général : le coût de la vie a augmenté, l’insécurité règne, les gens ne trouvent pas de maisons à louer pour vivre confortablement ; celles qu’ils finissent par trouver sont trop chères. On compte déjà des migrants qui vivent à Belladère et dorment dans la rue, notamment plus de 14 personnes (femmes et hommes) en situation de détresse mentale, certaines ne sachant pas quel chemin prendre pour rentrer chez elles, d’où elles sont venues il y a si longtemps. Quant à ceux qui n’ont pas les moyens de payer le transport, ils n’ont nulle part où aller, d’autant plus que des bandits criminels bloquent toutes les routes.

Gulnave Mathurin
gulnavemathurin@gmail.com
33 47 95 95 / 34 45 03 30

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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