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Crise explosive à l’ONA : Jhonson Absolus, directeur général adjoint, dénonce des actes de corruption imputés au DG Ronald Bazile

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Une vive tension institutionnelle secoue l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) après une correspondance officielle datée du 5 février 2026 dans laquelle le Directeur général adjoint, D’Jhonson Absolus, accuse le Directeur général Ronald Bazile de décisions arbitraires, d’abus d’autorité et de graves dérives administratives. Dans cette note adressée à la direction générale et copiée à plusieurs instances de contrôle et syndicats, le DGA parle d’une gestion opaque et d’un écartement injustifié de ses fonctions légales.

Capture d’écran de la correspondance officielle du DG adjoint de l’ONA dénonçant des décisions arbitraires, des abus d’autorité et une corruption présumée dans la gestion de l’institution, en date du 5 février 2026. (1/3).

Dans sa lettre, le Directeur général adjoint rappelle qu’il avait sollicité, dès le 18 février 2025, une rencontre formelle pour clarifier plusieurs points clés liés à la gestion de l’institution, notamment la répartition des responsabilités, la supervision des directions, la situation des comptes, l’état de la trésorerie, l’inventaire du patrimoine et la liste du personnel. Il écrit que cette démarche est restée sans réponse et affirme avoir été tenu à l’écart de décisions administratives et financières majeures. Il dénonce explicitement « des décisions arbitraires et des dérives graves dans la gestion de l’institution ».

Capture d’écran de la correspondance officielle du DG adjoint de l’ONA dénonçant des décisions arbitraires, des abus d’autorité et une corruption présumée dans la gestion de l’institution, en date du 5 février 2026. (2/3).

Le DGA se dit particulièrement choqué par son remplacement à la tête du Comité de crédit et dans la gestion des dossiers ONA-Éducation, responsabilités qui lui avaient été confiées en octobre 2025. Il souligne : « Cette décision n’est pas seulement choquante : elle est suspecte. Elle ne repose sur aucun échec, aucune faute, aucune insuffisance professionnelle. » Il ajoute : « Elle ne peut donc être interprétée que comme une manœuvre arbitraire, révélatrice d’un malaise profond dans la gouvernance actuelle de l’ONA. » Dans un passage au ton particulièrement accusateur, il interroge : « Quel intérêt caché sert cette décision ? Quelle malice dissimulée justifie l’écartement d’un cadre qui respecte la loi et produit des résultats ? »

Capture d’écran de la correspondance officielle du DG adjoint de l’ONA dénonçant des décisions arbitraires, des abus d’autorité et une corruption présumée dans la gestion de l’institution, en date du 5 février 2026. (3/3).

La correspondance évoque aussi la perte de milliers de dossiers lors de l’invasion du siège de l’ONA à Delmas 17 par des gangs armés. Le DGA affirme avoir recommandé auparavant l’installation d’archives sécurisées dans des structures préfabriquées à Delmas 75. Il écrit que le refus d’appliquer cette mesure « prouve une irresponsabilité » et accuse le Directeur général de s’être « comporté comme un autocrate refusant de collaborer avec moi ». Il soutient que l’institution est aujourd’hui dirigée « selon une logique personnelle, opaque et dangereusement autocratique ».

S’appuyant sur la loi organique de l’ONA publiée en août 1967, il rappelle que l’article 233 définit clairement les attributions du Directeur général adjoint, notamment assister le Directeur général, présider les réunions techniques, contrôler l’exécution des projets et remplacer le DG en cas d’absence. Il insiste : « Ces dispositions légales ne sont ni facultatives ni soumises à l’arbitraire du Directeur général. Elles ont force obligatoire. »

La note a été transmise au ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), au Conseil d’administration des organes de sécurité sociale (CAOSS) ainsi qu’à plusieurs organisations syndicales internes. À ce stade, aucune réponse officielle de la Direction générale de l’ONA n’a encore été rendue publique. Cette dénonciation ouvre toutefois une nouvelle séquence de controverse autour de la gouvernance de l’institution.

Léandro S. Léonard

Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.

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