Dans un pays fort, la cocaïne alimente l’économie ; dans un pays faible, elle alimente les morgues
2 min readAux États-Unis, dans les années 1970-1990, l’argent de la cocaïne venue de Medellín et de Cali a littéralement construit Miami : gratte-ciel, banques prospères, quartiers comme Brickell ou Wynwood transformés. Pourquoi ? Parce que l’État était fort : police, justice, frontières et système bancaire ont absorbé l’argent sale sans s’effondrer.
En Haïti, la même économie de la drogue a détruit l’État. Un pays infiltré : ports capturés, douane achetée via Gérald Remplais, politiciens corrompus, policiers complices, gangs armés par les trafiquants.
Conséquences :
✔ montée en puissance des gangs
✔ effondrement des institutions
✔ assassinats politiques : Guy Malary (1993), Jovenel Moïse (2021)
✔ corruption généralisée et État décomposé
Miami a été poussée vers le haut ; Haïti a été tirée vers le bas.
Et aujourd’hui, quelques tonnes de marijuana et de cocaïne attribuées à André Apaid, citoyen américain et oligarque haïtien, suffisent pour mobiliser tout l’appareil de l’État afin de neutraliser le “monstre” qui l’a trahi, mais quand il s’agit des violences contre le peuple ou de ses millions stockés à l’étranger, silence total.
Pourquoi les oligarques haïtiens ne construisent-ils pas en Haïti mais à l’étranger ?
Parce que leur richesse ne vient pas du développement du pays, mais de son effondrement.
❌ En Haïti, ils profitent :
de l’État faible,
❌ des douanes achetées,
des ports capturés,
❌ des exonérations truquées,
des contrats publics sans contrôle,
❌ des politiciens et policiers corrompus.
Si Haïti devient organisée, sécurisée, réglementée ?
Ce serait la fin de leur système.
À l’étranger, au contraire :
✅ leurs biens sont protégés,
leur argent est blanchi sans risque,
✅ les institutions sont stables,
la justice fonctionne,
✅ les infrastructures valorisent leurs investissements.
En Haïti, ils pillent. À Miami, Punta Cana ou Panama, ils construisent.
Parce qu’ici, ils règnent sur le chaos ; là-bas, ils protègent leurs fortunes.
Il est temps pour Haïti d’avoir des autorités fortes pour diriger l’État.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
