Décision judiciaire controversée : l’usine de riz KPK fermée à Ouanaminthe
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Dans un climat de tension croissante entre justice et développement local, le pasteur-entrepreneur Moïse se retrouve au cœur d’une vive controverse. Le juge Renaud, basé à Ouanaminthe, a ordonné la fermeture de l’usine de riz KPK ainsi que le paiement d’une amende de 60 millions de gourdes. Cette décision fait suite à un accident impliquant un véhicule appartenant à l’usine. Toutefois, selon les déclarations du pasteur Moïse, cette affaire cacherait un règlement de comptes politique orchestré par des figures influentes, notamment Elusma Florvil, ancien député sous la bannière du PHTK, et le conseiller présidentiel Smith Augustin, inculpé pour corruption, considéré comme « bwa dèyè bannann » de cette opération.
Au cours d’une intervention musclée devant la presse locale, pasteur Moïse a brandi une feuille blanche sur laquelle figurent plusieurs noms de personnes qu’il affirme être derrière ce qu’il appelle « yon konplo pou kraze espwa pèp la ». Parmi les noms cités, on retrouve Elusma Florvil, Abellard Schiller Jean, Albert Joseph, entre autres. Selon le pasteur, ces individus, alliés à certains juges, mèneraient une campagne systématique pour détruire toute initiative économique indépendante qui ne passe pas par leurs réseaux corrompus. Il affirme : « Pandan y ap refize kreye opòtinite pou pèp la, mwen menm ki deside mete tèt mwen pou ede kominote a, se mwen y ap atake ! »
Cette décision judiciaire ne passe pas inaperçue auprès des habitants de la zone. Plusieurs d’entre eux, visiblement irrités, ont exprimé leur incompréhension et leur colère. Selon eux, la fermeture de l’usine constitue non seulement une perte économique directe pour la région, mais aussi une attaque orchestrée par des importateurs de riz associés à certains acteurs locaux corrompus. L’un des citoyens a même déclaré : « Sa yo vle, se fè pèp la toujou depann de etranje, pito pase n ap manje sa nou pwodui ! »
Enfin, pasteur Moïse a lancé un appel pressant au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) pour réviser ce que le pasteur qualifie de « desizyon pèpè, san fondman, san vizyon ». Il appelle à une réforme profonde du système judiciaire, qu’il estime infiltré par « yon bann enkonpetan ki pito ap likide desizyon Lajistis yo ». Il conclut en ces mots : « Se pa pou tèt mwen m ap pale, se pou tout timoun, fanm ak jèn ki te jwenn espwa nan travay izin sa… si nou pa leve kanpe, yo pral fini ak tout sa k ap bon nan peyi sa ! »
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
