« Tragi-comédie politique » : le CAHDOA démonte le dernier coup du CPT avant son départ
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Le Collectif des Acteurs haïtiens pour le développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA) a publié ce vendredi 6 février 2026 une déclaration cinglante à une journée de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon le parti politique, le CPT quitte le pouvoir « par la petite porte » après plus de deux ans à la tête du pays, laissant derrière lui un bilan marqué par l’échec, la confusion et l’incertitude.
La vidéo du CAHDOA, parvenue à la rédaction de Satellite509 le 6 février 2026, expose l’échec du CPT et sa scène tragi-comique, appelée « dialogue inter-haïtien ».
« Nous regrettons la manière dont les membres du CPT quittent le pouvoir, après plus de deux ans dans les plus hautes fonctions du pays », affirme le CAHDOA dans une vidéo parvenue à la rédaction de Satellite509. L’organisation dénonce avec force la scène politique orchestrée par une frange minoritaire du CPT, qui, selon elle, tente de légitimer un « dialogue inter-haïtien » présenté comme inclusif mais qualifié par le collectif de « tragi-comédie ».
Pour Abel Descolines, ancien député et porte-parole du CAHDOA, cette initiative n’a qu’un seul objectif : « créer la confusion et le désordre dans la sphère politique du pays ». Il ajoute : « C’est une initiative insensée et sans borne qui ne fait que détourner l’attention des vrais problèmes d’Haïti. Nous avons non seulement décliné l’invitation à cette scène tragi-comédie, mais nous l’avons également boycottée. Nous ne croyons pas à l’initiative du CPT, nous constatons uniquement son échec. »
Le collectif ne se contente pas de critiquer le CPT en général ; il pointe également du doigt les personnalités politiques qui ont choisi de rejoindre ce dialogue malgré son illégalité et son absence de transparence. Descolines questionne avec acuité : « Combien de coordinateurs au sein du CPT ont approuvé ce soi-disant dialogue inter-haïtien ? Quelle est la date de publication de ladite résolution dans le journal officiel Le Moniteur ? Combien de signataires ont validé cette initiative ? Et cette minorité avait-elle le courage de vérifier auprès de la frange du CPT à l’hôtel Montana si cette décision avait réellement obtenu les cinq votes requis pour être admissible ? »
Dans son analyse critique, le CAHDOA rappelle que la démarche entreprise par cette minorité du CPT ne fait qu’enfoncer le pays dans le chaos politique. Selon le collectif, cette tentative de dialogue est une « comédie » destinée à prolonger artificiellement le pouvoir de certains individus, au détriment de la stabilité et de la légitimité institutionnelle.
« Le CPT est sorti par la petite porte après plus de deux ans à la présidence du pays », insiste le collectif. « Ce départ devrait être l’occasion de remettre Haïti sur les rails, mais la minorité qui orchestre ce dialogue illégal ne cherche qu’à semer la confusion et à manipuler l’opinion publique. »
Le CAHDOA affirme sa position en faveur du respect strict de la légalité et des textes en vigueur, en se référant notamment au décret du 3 avril 2024 et à l’Accord du même jour, qui stipulent que, en cas de vacances présidentielles, il revient au Conseil des ministres d’assurer la gouvernance du pays jusqu’à l’installation d’une nouvelle autorité légitime. « Nous soutenons le rétablissement de la sécurité pour l’organisation des élections. Nous prônons le dialogue, mais pas de la manière dont le CPT échoué envisage de le faire », rappelle le collectif.
Les dirigeants du CAHDOA insistent sur l’urgence d’un dialogue véritablement constructif et inclusif, basé sur la transparence, le respect des lois et la volonté réelle de sortir le pays de l’impasse. Ils avertissent que toute tentative de manipulation ou de manœuvre politique visant à prolonger le pouvoir par des artifices risquerait d’aggraver la crise institutionnelle et de fragiliser davantage la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.
En conclusion, le CAHDOA appelle tous les acteurs politiques sérieux et la société civile à se tenir aux principes légaux et à soutenir le Conseil des ministres pour assurer la continuité de l’État et préparer le terrain à des élections crédibles et transparentes. Pour le collectif, c’est seulement par cette voie que Haïti pourra éviter de tomber dans un cycle de confusion et de désordre orchestré par des intérêts partisans.
Léandro S Léonard
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
