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Edo Zenny : « Youn te dwe touye lòt… » révélations explosives sur André Apaid Jr et Lanmò Sanjou

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Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux depuis le samedi 15 novembre 2025, l’ancien sénateur Edwin J. R. M. Daniel Zenny a livré une série de déclarations explosives sur Andy Apaid Jr et le chef de gang Wilson Joseph, alias Lanmò Sanjou, qu’il considère comme deux acteurs centraux de la dégradation du pays. Selon lui, les deux hommes sont moralement et politiquement responsables d’une large partie du chaos actuel. « Apaid ak Lanmò Sanjou se 2 salopri. Youn te dwe touye lòt… », a lancé l’ancien parlementaire, affirmant ne ressentir aucune sympathie pour aucun des deux camps.

Edwin Daniel Zenny a rappelé qu’il ne voulait plus voir Andy Apaid depuis la chute de Jean‑Bertrand Aristide, événement auquel l’homme d’affaires avait activement participé à travers l’initiative dite « Nouveau Contrat Social », lancée près de la cathédrale de Port‑au‑Prince. Selon l’ancien sénateur, ceux qui avaient promis un projet national sérieux n’ont finalement offert que « gagote ». Il dit avoir été déçu d’Apaid, qu’il affirme avoir, au final, aggravé la situation du pays plutôt que de la redresser.

Dans ses propos, Zenny a estimé que ni Apaid ni Lanmò Sanjou ne sont innocents. Il affirme que le chef de gang a contrôlé de vastes zones, dont Santo, Tabarre, Croix‑des‑Bouquets, sans jamais inquiéter les activités commerciales d’Apaid, qui opérait pourtant dans ces mêmes territoires. Pour lui, cela prouve que les deux hommes étaient en réalité en « très bon accord » et que c’est une « mauvaise négociation » entre eux qui a mené aux affrontements actuels et aux révélations rendues publiques par le terroriste Wilson Joseph. Il considère que « youn te dwe touye lòt », que cela ne l’aurait « pas dérangé », car « tou de klan sa yo fè peyi a mal ».

L’ancien sénateur dit ne nourrir aucune animosité personnelle, mais rejette leurs pratiques. Il rappelle avoir soutenu à l’époque les mobilisations du « Nouveau Contrat Social » parce qu’il croyait à l’idée que « les hommes d’affaires du secteur privé » pouvaient contribuer à construire un État moderne, comme cela s’est produit dans plusieurs pays devenus puissants. Mais selon lui, Apaid a trahi cet espoir : « Yo te gen mwayen pou redrese peyi a si yo te pran pouvwa. Men yo pito ap rejwi sou do yon pèp k ap soufri. »

Edwin Daniel Zenny déplore que, malgré les nombreux contrats signés sous l’administration Ariel Henry, notamment ceux qui ont permis à Apaid d’opérer librement dans des zones instables, rien n’est bénéfique pour lepays. Il affirme ne pas connaître la nature exacte des activités de l’oligarque : « M pa konn si se dwòg », dit-il, mais estime évident que « nan pil kòb sa yo Apaid ap fè a, kisa Ayiti benefisye ? ». Pour lui, les profits ne servent ni au pays ni aux communautés, mais uniquement à « Apaid, madanm li, pitit li ».

En conclusion, l’ancien élu juge que, lorsqu’un homme d’affaires exploite un territoire, il a la responsabilité morale d’investir dans l’éducation, la santé et les infrastructures de la zone. Ce n’est pas le cas d’Apaid, selon lui, et cela suffit à expliquer sa colère : « Se pou sa m di yo se de salopri… ». Edwin Daniel Zenny martèle que les deux protagonistes ne sont pas seulement des figures influentes : ils sont, à ses yeux, des acteurs qui ont contribué à la souffrance d’un peuple déjà fragilisé.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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