États‑Unis : procédure de dénaturalisation lancée contre l’ancien maire de North Miami, Philippe Bien‑Aime
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Les autorités fédérales américaines ont engagé une procédure visant à retirer la citoyenneté américaine de Philippe Bien‑Aime, ancien maire de North Miami et figure bien connue de la communauté haïtienne du sud de la Floride. Selon une plainte déposée cette semaine par le Département de la Justice des États‑Unis devant le tribunal fédéral de Miami, Bien‑Aime aurait obtenu sa naturalisation de façon frauduleuse, déclenchant ainsi une affaire judiciaire d’envergure, ont rapporté des médias internationaux ce vendredi 20 février 2026.
La plainte fédérale, confidentielle pour des raisons de protection de la vie privée, soutient que Bien‑Aime est également connu sous le nom de Jean Philippe Janvier et que des documents officiels — tels que des actes de naissance, de mariage, de divorce, de naturalisation et même un arrêté d’expulsion — ont été versés au dossier. Les procureurs fédéraux affirment qu’en 2000, un juge de l’immigration avait ordonné l’expulsion de Bien‑Aime pour être entré aux États‑Unis avec un passeport falsifié, bien qu’il n’existe aucune preuve qu’il ait quitté le territoire à la suite de cette décision.
Les autorités estiment également que Bien‑Aime aurait obtenu sa citoyenneté américaine par le biais d’un mariage pour lequel il n’était pas éligible, remettant en cause la légalité de son statut civil et migratoire. Si la Cour fédérale accepte les arguments du ministère de la Justice, Philippe Bien‑Aime pourrait non seulement perdre sa citoyenneté, mais également s’exposer à des démarches d’expulsion ou à d’autres sanctions en vertu du droit de l’immigration américain.
L’affaire est examinée par le juge fédéral K. Michael Moore, dans un contexte où l’administration fédérale a, depuis 2025, renforcé sa politique de lutte contre les fraudes à l’immigration, priorisant les dossiers de dénaturalisation impliquant des allégations sérieuses. Historiquement, les procédures de dénaturalisation sont rares : entre 1990 et 2017, elles ne représentaient que quelques cas par an. Leur multiplication récente alimente un débat juridique et politique parmi les spécialistes des droits des immigrants.

Photo de l’ancien maire de Noth Miami, Philippe Bien-Aime.
Philippe Bien‑Aime jouit d’une réputation solide au sein de la communauté haïtienne de Floride. Élu conseiller municipal en 2013, il est devenu maire de North Miami en 2019, fonction qu’il a occupée jusqu’en 2022, année où il s’est présenté sans succès au poste de commissaire du comté de Miami‑Dade County. Avant sa carrière politique, il a vécu au Canada avant de s’installer définitivement aux États‑Unis, où il a travaillé dans le secteur automobile puis dans l’entrepreneuriat.
Aucune décision finale n’a encore été rendue dans ce dossier, mais la procédure fédérale est en cours et suscite déjà de vives discussions parmi les juristes, les défenseurs des droits des immigrants et la diaspora haïtienne. Certains y voient une application rigoureuse du droit, d’autres une démarche potentiellement lourde de conséquences humaines pour une personnalité publique bien établie.
Gerlanda Filéus
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.
