Fritz Alphonse Jean démasque le complot : Nenel Cassy libéré par la mafia d’État
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Dans une déclaration exclusive à son arrivée à un aéroport du pays, Fritz Alphonse Jean, conseiller-président du Conseil présidentiel de transition (CPT), a dénoncé ce qu’il qualifie de « complot orchestré au sommet de l’État » autour de la libération de l’ancien sénateur Nenel Cassy. Selon Jean, cette libération intervenue sans décision judiciaire formelle et sans présentation devant un juge d’instruction est « un acte illégal, arbitraire et symptomatique d’une mafia d’État infiltrée dans les rouages du pouvoir ».
Cassy, arrêté le 2 août 2025 par la DCPJ, faisait l’objet de graves accusations : complicité avec des groupes terroristes, présence suspecte sur les lieux d’un assassinat à Delmas 40B, ainsi qu’un lourd passif de corruption, assassinats et liens avec des réseaux criminels transnationaux. Il est également visé par des sanctions internationales de la part des États-Unis et du Canada.
Fritz Alphonse Jean affirme que le CPT n’a eu aucun rôle dans cette remise en liberté, qualifiant l’acte de « dérive grave de l’appareil judiciaire, orchestrée en dehors de tout cadre légal ». Il pointe du doigt une manœuvre coordonnée par Alix Didier Fils-Aimé, avec la complicité du ministre de la Justice, Patrick Pélissier, et de l’ex-commissaire du gouvernement Frantz Monclair, récemment démis de ses fonctions pour faute administrative grave. Selon plusieurs sources internes, c’est la libération précipitée de Cassy qui aurait provoqué cette révocation.
Face à ce scandale, le CPT a convoqué le ministre Pélissier pour exiger des explications sur les circonstances de cette libération suspecte. Pourtant, depuis cette convocation, silence radio du côté des autorités concernées, ce qui alimente davantage les soupçons d’un réseau d’influence agissant dans l’ombre.
Des voix s’élèvent désormais pour réclamer l’émission immédiate d’un nouveau mandat d’amener par l’actuel commissaire du gouvernement, Roosevelt Cadet, afin que Nenel Cassy réponde de ses actes devant la justice.
Interrogé sur la note de remerciement adressée par Nenel Cassy au CPT, Fritz Alphonse Jean a éludé la question, tout en reconnaissant que le Conseil en a bien été destinataire. Il refuse cependant de commenter davantage, laissant planer le doute sur l’intégrité de certains membres du CPT, notamment Smith Augustin, Emmanuel Vetilaire et Louis Gérard Gilles, tous trois déjà inculpés pour corruption.
Mais cette affaire dépasse le cadre national. Elle est perçue comme une trahison des engagements pris vis-à-vis des partenaires internationaux, en particulier les États-Unis et le Canada, qui espéraient une rupture avec les pratiques opaques du passé. En interne, cette décision controversée renforce le climat d’impunité, alors que la PNH et le système judiciaire peinent à contenir la montée de la criminalité et du terrorisme.
Tant qu’aucune action concrète n’est prise – notamment la relance du mandat d’amener contre Nenel Cassy – les engagements pour la restauration de l’État de droit resteront lettre morte, et la mafia d’État continuera de tirer les ficelles dans l’ombre.
Gerlanda F.
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média d’investigation spécialisé dans la lutte contre la corruption en Haïti, l’impunité, la mauvaise gouvernance et les abus de pouvoir. Journaliste anticorruption engagé, il mène des enquêtes sur les scandales financiers et les réseaux d’influence au cœur de l’État haïtien.
