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Haïti – Champ-de-Mars : panique au sommet, le chef de la PNH évacué sous les balles

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Ce qui devait être un Conseil des ministres s’est mué en débandade, avec des tirs au Champ-de-Mars et l’évacuation urgente du chef de la PNH, Vladimir Paraison, ce jeudi 9 octobre 2025. Deux véhicules blindés de la BRH ont été pris pour cibles — l’un transportant des militaires, l’autre seulement un chauffeur —, mais aucune victime n’a été signalée. Cet épisode prouve, une fois de plus, que l’appareil d’État est incapable d’assurer la sécurité même de ses lieux symboliques, malgré les discours sur des opérations dites “chirurgicales” et des forces présentées comme stratégiques et apolitiques.

Il faut le dire : c’est la courte vision et l’irresponsabilité des dirigeants qui ont donné l’illusion de puissance aux groupes armés. L’entente secrète conclue entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Olivier Barreau, Édouard Baussan et plusieurs chefs terroristes, visant à créer artificiellement un calme avant l’échéance du 7 février pour préparer des élections factices, a démontré que la stratégie repose davantage sur la manipulation et la corruption que sur la sécurité réelle de la population. Si ces dirigeants n’avaient pas détourné des fonds publics destinés aux services de renseignement et à la sécurité, les opérations pourraient être réellement efficaces. Au lieu de cela, l’appareil sécuritaire est miné par les gaspillages, les complicités et des priorités inversées, pendant que la population paie le prix fort.

Les communiqués officiels destinés à rassurer sonnent désormais creux face à la réalité du terrain : un État assiégé, débordé et recroquevillé sur ses privilèges. Quand les dirigeants fuient leur propre palais, c’est la preuve d’un effondrement moral et opérationnel qui exige non seulement des explications, mais des mesures radicales. La mise en place d’une vitrine sécuritaire avec les mêmes policiers et moyens, tout en prétendant reprendre des zones contrôlées par les gangs, n’est qu’une façade qui masque la collusion avec les narcotrafiquants et les chefs terroristes.

Tant que la pratique de la corruption persistera et que les responsables préféreront protéger leurs intérêts plutôt que la nation, la sécurité demeurera un mirage pour le peuple haïtien. La population ne peut se contenter de simples promesses ; elle exige une véritable stratégie de sécurité, la reddition des comptes et la fin des arrangements clandestins qui fragilisent l’État haïtien.

Gerlanda F.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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